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Fiche pratique

Cyber-harcĂšlement (harcĂšlement sur internet)

Vérifié le 30/11/2020 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre), MinistÚre chargé de la justice

Le harcĂšlement via internet (mails, rĂ©seaux sociaux...) est appelĂ© cyberharcĂšlement. Il s'agit d' un dĂ©lit. Si vous ĂȘtes victime de ce type de harcĂšlement, vous pouvez demander le retrait des publications Ă  leur auteur ou au responsable du support Ă©lectronique. Vous pouvez aussi faire un signalement en ligne Ă  la police ou Ă  la gendarmerie ou porter plainte. Ce dĂ©lit est sanctionnĂ© par des peines d'amendes et/ou de prison. Les sanctions sont plus graves si la victime a moins de 15 ans.

Le harcÚlement est le fait de tenir des propos ou d'avoir des comportements répétés ayant pour but ou effet une dégradation des conditions de vie de la victime. Cela se traduit par une dégradation de la santé physique ou mentale de la personne harcelée (anxiété, maux de ventre....)

C'est la fréquence des propos et leur teneur insultante, obscÚne ou menaçante qui constitue le harcÚlement.

Le harcÚlement en ligne est un harcÚlement s'effectuant via internet (sur un réseau social, un forum, un jeu vidéo multijoueurs, un blog...). On parle aussi de cyberharcÚlement.

Les propos en cause peuvent ĂȘtre des commentaires d'internautes, des vidĂ©os, des montages d'images, des messages sur des forums...

Le harcÚlement en ligne est puni que les échanges soient publics (sur un forum par exemple) ou privés (entre amis sur un réseau social).

  À savoir

le harcÚlement scolaire fait l'objet d'une répression spécifique.

Les premiers responsables en cas de harcĂšlement en ligne sont les auteurs des propos en cause.

La responsabilité des intermédiaires relÚvent de rÚgles spécifiques.

Ces intermĂ©diaires techniques peuvent ĂȘtre

  • les hĂ©bergeurs qui stockent des contenus rĂ©digĂ©s et rĂ©alisĂ©s par des tiers (hĂ©bergeurs d'un rĂ©seau social, d'un forum, d'un jeu en ligne, d'un blog)
  • ou les fournisseurs d'accĂšs offrant une simple connexion au rĂ©seau internet.

Un intermédiaire ne sera responsable que :

  • s'il a eu connaissance des messages publiĂ©s,
  • et s'il n'a pas agi rapidement pour faire retirer ces messages dĂšs qu'il en a eu connaissance.

La victime peut agir directement auprÚs des intermédiaires en cas de cyberharcÚlement. Cette démarche n'est pas une plainte officielle. Par exemple, auprÚs des responsables d'un forum ou d'un réseau social.

Les réseaux sociaux ou les hébergeurs de vidéos permettent également de demander le retrait de tel ou tel contenu au nom du respect des personnes. Cependant, leurs conditions de retrait dépendent de leurs propres critÚres et non des lois françaises.

Sur les forums, les messages jugĂ©s obscĂšnes ou menaçants peuvent ĂȘtre signalĂ©s aux responsables.

Les rĂ©seaux sociaux permettent Ă©galement de bloquer une personne, c'est-Ă -dire d'empĂȘcher toute mise en contact.

Vous pouvez alerter les directement les responsables des réseaux sociaux :

  • Signaler un comportement inappropriĂ© sur Twitter
  • Signaler un comportement abusif sur Facebook
  • Signaler un comportement abusif sur Instagram
  • Signaler un abus ou un problĂšme de sĂ©curitĂ© sur Snapchat
  • Signaler un comportement abusif sur TikTok

Si vous ĂȘtes victime de cyberharcĂšlement et que votre situation nĂ©cessite une intervention urgente des forces de l'ordre, vous pouvez alerter la police ou la gendarmerie.

En cas d'urgence, et uniquement dans cette situation, il est possible d'alerter la police ou la gendarmerie par appel tĂ©lĂ©phonique, ou par SMS, si vous ĂȘtes dans l'incapacitĂ© de parler.

  • En cas d'urgence, lorsqu'une intervention rapide est nĂ©cessaire, vous pouvez appeler la police-secours. Composez le 17.

    Vous pouvez également contacter le 112.

    OĂč s’adresser ?

    Par téléphone

    Composez le 17 en cas d'urgence concernant un accident de la route, un trouble à l'ordre public ou une infraction pénale. Une équipe de policiers ou de gendarmes se rendra sur les lieux.

    Vous pouvez aussi composer le 112. Vous serez alors orienté vers le bon service selon votre cas. Le 112 est utilisable dans tous les pays de l'Union européenne.

    Si la situation ne relÚve pas d'une urgence, composez le numéro de votre commissariat ou de votre brigade de gendarmerie.

    112

    Numéro d'urgence à utiliser pour un appel depuis un pays européen ou depuis un téléphone mobile

    24h/24h et 7j/7

    Appel gratuit

  • Le 114 est le service relais des appels d'urgence si vous ĂȘtes dans l'impossibilitĂ© de parler au tĂ©lĂ©phone (sourds, malentendants ...) ou si cela risque de vous mettre en danger.

    OĂč s’adresser ?

    Par SMS au 114

    Accessible gratuitement 24h/24, 7 jours/7

    Par l'application mobile urgence 114 ou le site internet www.urgence114.fr

    Accessible gratuitement 24h/24, 7 jours/7

    Contact possible via :

    • Visiophonie : Je communique en langue des signes
    • Tchat : Je communique par Ă©crit
    • Voix / Retour texte : Je parle et le 114 me rĂ©pond par Ă©crit (ou l'inverse)

Le site PHAROS, géré par des policiers et gendarmes spécialisés, permet de signaler les contenus illicites se trouvant sur internet.

Service en ligne
Signaler un contenu internet illégal (internet-signalement : Pharos)

AccĂ©der au service en ligne  

MinistÚre chargé de l'intérieur

Vous pouvez faire un signalement mĂȘme si vous ĂȘtes mineur.

Les réseaux sociaux ont souvent leurs propres dispositifs de signalement. Ils évoluent en fonction des conditions générales de vente de la société-mÚre et non en fonction des lois françaises.

Vous pouvez néanmoins demander le retrait des contenus illégaux à leur auteur ou à l'hébergeur du site.

Si vous ĂȘtes victime ou tĂ©moin d'une situation de cyber harcĂšlement, vous pouvez contacter la police ou gendarmerie par messagerie instantanĂ©e.

Une messagerie instantanĂ©e (chat) vous permet de dialoguer avec un fonctionnaire de police ou un militaire de la gendarmerie. À tout moment, l'historique de discussion pourra ĂȘtre effacĂ© de votre ordinateur, tĂ©lĂ©phone portable ou tablette.

Service en ligne
Signaler un cyber harcĂšlement (harcĂšlement sur internet)

AccĂ©der au service en ligne  

MinistÚre chargé de l'intérieur

Collecte de preuves

Sans attendre l'enquĂȘte de police ou de gendarmerie, la victime peut collecter elle-mĂȘme les preuves de son harcĂšlement notamment par le biais de captures d'Ă©cran.

Il est possible de faire appel Ă  un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire) pour rĂ©aliser ces captures. Ces piĂšces pourront ĂȘtre utilisĂ©es lors du procĂšs.

DépÎt de plainte

La victime peut porter plainte contre le ou les auteurs du harcĂšlement.

Un mineur peut se rendre seul au commissariat ou Ă  la gendarmerie et signaler les faits. Mais il ne peut pas se constituer partie civile lui-mĂȘme en vue de demander des dommages et intĂ©rĂȘts, ses parents doivent le faire en son nom.

Si la victime ne connaßt pas les véritables identités du ou des auteurs, elle peut porter plainte contre X. Les intermédiaires techniques doivent permettre à la justice d'identifier le ou les auteurs des contenus en cause.

  À savoir

la plainte Ă©lectronique pour harcĂšlement moral et sexuel Ă  caractĂšre discriminatoire sur internet doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e devant le tribunal judiciaire de Paris, lorsque les faits ont Ă©tĂ© commises sur l'ensemble du territoire.

  • Les sanctions varient suivant que la victime a plus ou moins de 15 ans.

    • L'auteur d'un harcĂšlement en ligne risque

      • 2 ans de prison
      • et 30 000 € d'amende.
    • La peine maximale est portĂ©e Ă  3 ans de prison et 45 000 € d'amende si la victime a moins de 15 ans.

  • Les sanctions varient suivant que l'auteur a plus ou moins de 13 ans, et que la victime a plus ou moins de 15 ans. Dans tous les cas, ce sont les parents des auteurs mineurs, quel que soit leur Ăąge, qui seront responsables civilement. Ce sont eux qui devront indemniser les parents de la victime.

      • La peine maximale pour un harcĂšlement sera de

        • 1 an de prison
        • et 7 500 € d'amende.
      • La peine maximale sera de 

        • 18 mois de prison
        • et 7 500 € d'amende.
    • Des rĂšgles et mesures applicables aux mineurs de moins de 13 ans relĂšvent de rĂšgles spĂ©cifiques.