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Question-réponse

Est-on obligé d'aider ses parents ou beaux-parents qui sont dans le besoin ?

Vérifié le 26/01/2023 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)

Oui, les enfants ont l'obligation d'aider un parent ou un beau-parent qui n'est pas en mesure d'assurer ses besoins (manger, s'habiller, se loger, se soigner,...). On parle alors d'obligation alimentaire. Elle se matérialise par une aide financiÚre ou en nature. Cette aide varie en fonction des revenus et des charges de l'enfant (ou de la personne qui va la verser) et du parent qui va la recevoir.

Les descendants sont concernés par l'obligation alimentaire à l'égard de leurs pÚre, mÚre ou de leurs ascendants dans le besoin.

Les gendres et belles-filles peuvent Ă©galement ĂȘtre concernĂ©s par cette aide Ă  l'Ă©gard de leurs beaux-parents dans le besoin.

Les personnes suivantes peuvent ĂȘtre dispensĂ©es de l'obligation alimentaire par le juge aux affaires familiales (Jaf) :

  • Enfant dont le pĂšre ou la mĂšre a manquĂ© gravement Ă  cette obligation Ă  son Ă©gard (exemples : violence, abandon de famille)
  • Enfant dont le pĂšre ou la mĂšre s'est vu retirer ses droits et ses devoirs Ă  son Ă©gard (retrait de l'autoritĂ© parentale)
  • Enfant qui a Ă©tĂ© retirĂ© de son milieu familial avant ses 12 ans et depuis plus de 36 mois

Pour pouvoir ĂȘtre dispensĂ©e, la personne concernĂ©e doit prouver que le parent a gravement manquĂ© Ă  ses obligations Ă  son Ă©gard. Elle doit effectuer une requĂȘte en obligation alimentaire auprĂšs du Jaf (en utilisant le formulaire cerfa n°15454). La requĂȘte doit ĂȘtre adressĂ©e par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception ou dĂ©posĂ©e au greffe du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de la personne qui va verser l'aide financiĂšre.

  À savoir

La prĂ©sence d’un avocat n'est pas obligatoire dans cette procĂ©dure, mais elle est vivement recommandĂ©e.

Le parent qui est dans le besoin doit tenter de fixer amiablement un accord écrit avec ses enfants ou la personne qui va lui verser l'aide financiÚre avant de s'adresser au juge.

Il est possible de solliciter un médiateur familial.

L'accord peut Ă©galement ĂȘtre homologuĂ© par le juge.

OĂč s’adresser ?

Si aucun accord n'est possible, le parent qui demande l'aide doit dĂ©montrer qu'il est dans le besoin, c'est-Ă -dire dans l'impossibilitĂ© de s'acheter de la nourriture, des vĂȘtements, des mĂ©dicaments ou mĂȘme de se loger.

La demande se fait alors auprÚs du juge aux affaires familiales, soit sur papier libre, soit à l'aide du formulaire suivant :

Formulaire
RequĂȘte en obligation alimentaire - Saisine du juge aux affaires familiales

Cerfa n° 15454*03

AccĂ©der au formulaire (pdf - 98.2 KB)  

MinistÚre chargé de la justice

Pour vous aider Ă  remplir le formulaire :

La demande doit ĂȘtre adressĂ©e par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception ou dĂ©posĂ©e au greffe du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de la personne qui va vous verser l'aide financiĂšre.

OĂč s’adresser ?

Les documents suivants doivent ĂȘtre joints Ă  la demande :

  • Copie intĂ©grale de moins de 3 mois de l'acte de naissance de la personne qui fait la demande ou la copie du livret de famille
  • Copie de l’acte de naissance de la personne qui va verser l'aide financiĂšre avec mention de la filiation ou du livret de famille
  • Justificatifs des charges et des ressources (fiches de paye, avis d’imposition sur les revenus, justificatif de crĂ©dit immobilier, quittances de loyer,...) du parent qui est dans le besoin
  • Photocopie de toutes les dĂ©cisions antĂ©rieures Ă  la nouvelle demande en cas de demande de modification de la pension alimentaire

L'ensemble des charges et des revenus de la personne concernée par l'obligation d'aliment (c'est-à-dire le devoir de subvenir aux besoins de ses parents) est pris en compte.

L'obligé alimentaire (c'est-à-dire celui qui va financer les besoins de ses parents) doit apporter au juge la preuve des dépenses qui lui sont obligatoires dans sa vie quotidienne (loyer par exemple), si elle souhaite qu'il les prenne en compte.

Toutefois, ses ressources doivent ĂȘtre suffisantes pour lui permettre de subvenir Ă©galement Ă  ses propres besoins.

Si la personne avec qui il (ou elle) vit n'a pas été personnellement convoquée ou assignée par le juge, ses ressources ne sont pas prises en compte.

Il en est de mĂȘme pour les revenus du partenaire pacsĂ© ou du concubin.

En revanche, le juge tient compte du partage des charges (loyer par exemple) dont la personne qui va recevoir l'obligation alimentaire peut bénéficier.

Le devoir de secours entre époux (qui est un équivalent de l'obligation d'aliment) prime sur l'obligation de fournir des aliments à ses parents qui est à la charge de l'enfant.

Par exemple, si la mÚre est dans le besoin, ce sera d'abord à son époux de l'aider financiÚrement.

C'est seulement si ses revenus ne sont pas suffisants que les enfants seront sollicités.

Les enfants peuvent Ă©galement devoir payer la partie concernant les aliments lorsque l'un de ses parents ne peut payer la maison de retraite ou l'Éhpad oĂč il rĂ©side. Le pensionnaire devra dĂ©montrer qu'il est dans le besoin et que sa pension de retraite est insuffisante.

L'obligation alimentaire peut ĂȘtre fixĂ©e selon l'une des maniĂšres suivantes :

  • Soit d'un accord amiable entre le parent qui va recevoir l'aide financiĂšre et la personne qui va lui verser. Cet accord peut ĂȘtre homologuĂ© par le juge.
  • Soit par le juge aux affaires familiales (Jaf) du tribunal dont relĂšve le parent ou l'enfant (en cas de demande par le parent)

Le juge fixera, dans le jugement, la contribution alimentaire en tenant compte de la situation des 2 parties.

La contribution alimentaire peut revĂȘtir diverses formes : hĂ©bergement gratuit, nourriture ou somme d'argent (pension).

Une personne Ă©trangĂšre Ă  la famille ou organisme (on l’appelle un tiers) qui a financĂ© les besoins d'un parent Ă  la place de l'enfant peut se retourner contre lui.

Le tiers peut mettre en place l'une des actions suivantes :

  • Recourir aux services du dĂ©partement pour rĂ©cupĂ©rer les sommes dues Ă  l'aide sociale
  • Recourir aux Ă©tablissements publics de santĂ© pour rĂ©cupĂ©rer les frais d'hospitalisation ou d'hĂ©bergement en maison de retraite

Une lettre doit ĂȘtre adressĂ©e au procureur de la RĂ©publique du tribunal dont dĂ©pend la personne dans le besoin ou celui de l'enfant.

OĂč s’adresser ?

L'enfant ou la personne qui ne verse pas la pension alimentaire pendant plus de 2 mois Ă  un parent ou beau-parent commet un dĂ©lit d'abandon de famille. Elle s'expose Ă  une peine d'emprisonnement de 2 ans et de 15 000 € d'amende.

En principe, l'obligation d'aliment n'a pas de limitation dans le temps.

Toutefois, cette obligation prend fin dans l'un des cas suivants :

  • En cas de divorce
  • En cas de dĂ©cĂšs de la personne avec qui vous viviez, si vous n'aves pas eu d'enfant en commun ou lorsque ceux-ci sont dĂ©cĂ©dĂ©s