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Question-réponse

Quels sont les droits du conjoint sur le logement du défunt ?

Vérifié le 24/01/2022 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)

Vous pouvez rester dans le logement Ă  vie.

Ce droit est valable quelque soit le contrat qui vous lie au logement (location ou propriété).

Toutefois, si votre époux était propriétaire en indivision avec d'autres personnes, votre droit d'occuper le logement sera temporaire.

  • Vous avez le droit de rester dans les lieux Ă  vie, mĂȘme si le bail a Ă©tĂ© conclu au seul nom de votre conjoint.

    Pendant l'année qui suit le décÚs, vous devrez payer les loyers. Toutefois, vous pourrez demander leur remboursement sur la succession.

     Ă€ noter

    si vous viviez séparément au moment du décÚs, vous bénéficiez du transfert du bail à votre nom. Toutefois, d'autres personnes demandant le transfert du bail (par exemple, un parent vivant avec le défunt depuis plus d'1 an). En cas de conflit, c'est le juge des contentieux de la protection qui décidera de l'attribution.

    • Vous avez le droit d'habiter dans le logement Ă  vie aprĂšs le dĂ©cĂšs de votre Ă©poux.

    • Si vous Ă©tiez propriĂ©taires en indivision avec une ou plusieurs personnes, vous pouvez habiter dans le logement Ă  vie aprĂšs le dĂ©cĂšs de votre Ă©poux.

       Exemple

      Vous bénéficiez de ce droit lorsque le logement appartenait pour la moitié à vous et votre époux et pour la moitié à vos enfants.

    • Vous avez le droit d'habiter dans le logement Ă  vie aprĂšs son dĂ©cĂšs.

    • Si votre Ă©poux dĂ©funt Ă©tait propriĂ©taire en indivision avec d'autres personnes, vous avez le droit d'habiter dans le logement pendant 1 an aprĂšs son dĂ©cĂšs.

       Exemple

      Vous bénéficiez de ce droit lorsque le logement appartenait pour 1/3 à votre époux et pour 2/3 à ses frÚres.

 Ă€ noter

vous continuez de bĂ©nĂ©ficier du droit d'habiter dans le logement, mĂȘme si vous vous remariez.

Votre droit d'habiter le logement est différent selon que vous étiez locataires ou propriétaires.

    • Vous bĂ©nĂ©ficiez d'un droit exclusif sur le bail dans l'un des cas suivants (les hĂ©ritiers du dĂ©funt n'ont pas de droits sur le bail) :

      • Vous avez signĂ© le bail tous les 2
      • L'un de vous 2 n'a pas signĂ© le bail, mais vous avez conjointement demandĂ© au bailleur d'en ĂȘtre cotitulaires

      Toutefois, vous pouvez formellement renoncer au bail en donnant votre préavis (congé) au bailleur.

    • Vous bĂ©nĂ©ficiez du transfert du bail.

      Toutefois, d'autres proches (descendants, ascendants, ...) ont le droit de réclamer l'attribution du bail.

      En cas de conflit, c'est le juge des contentieux de la protection qui décidera de l'attribution.

    • Vous pouvez habiter dans le logement pendant 1 an aprĂšs le dĂ©cĂšs sauf si le dĂ©funt vous a privĂ© de ce droit dans un testament.

      Vous pouvez également bénéficier de l'attribution préférentielle du logement dans l'un des cas suivants :

      • Le dĂ©funt l'avait prĂ©vu dans un testament
      • Vous le demandez au notaire au moment du partage des biens et en versant une soulte
    • Vous pouvez habiter dans le logement pendant 1 an aprĂšs le dĂ©cĂšs, sauf si le dĂ©funt a prĂ©vu le contraire dans un testament.

Si vous viviez en union libre (ou concubinage) avec le défunt, votre droit d'habiter le logement est différent selon que vous étiez locataires ou propriétaires.

    • Vous avez le droit exclusif sur le bail. Vous pouvez donc rester dans les lieux.

      • Vous bĂ©nĂ©ficiez du transfert de bail si les 2 conditions suivantes sont rĂ©unies :

        • Vous viviez avec le dĂ©funt depuis au moins 1 an avant le dĂ©cĂšs
        • Le concubinage Ă©tait notoire (relations continues, stables et connues)

        La preuve de ce concubinage peut se faire par tout moyen : attestation des proches, factures, certificat de vie commune, etc.

        Si votre concubinage a duré moins d'1 an, vous devrez obtenir l'accord du bailleur et signer un nouveau bail.

      • Vous bĂ©nĂ©ficiez du transfert de bail si le concubinage Ă©tait notoire (relations continues, stables et connues). La preuve de ce concubinage peut se faire par tout moyen : attestation des proches, factures, certificat de vie commune, etc.

      • Dans le cas d'un logement soumis Ă  la loi de 1948, vous ne pouvez pas rester dans les lieux. Toutefois, si vous ĂȘtes en situation de handicap et que vous pouvez prouver le concubinage, vous avez le droit de rester dans le logement.

    • Si vous Ă©tiez propriĂ©taires en indivision, vous n'avez pas de droit Ă  rester dans le logement.

      En effet, lorsqu'un concubin décÚde, sa part revient à ses héritiers. Ces derniers peuvent décider de vendre le logement lors du partage.

      Toutefois, si vous avez des enfants mineurs en commun, vous pouvez demander au tribunal judiciaire le maintien de l'indivision.

      OĂč s’adresser ?

      Le défunt peut également avoir prévu à l'avance de maintenir dans les lieux son concubin dans l'un des cas suivants :

      • En lĂ©guant sa part Ă  l'autre dans un testament
      • En prĂ©voyant une clause de rachat dans une convention d'indivision. Il s'agit d'une clause qui prĂ©voit qu'en cas de dĂ©cĂšs d'un concubin, l'autre pourra acquĂ©rir sa part en prioritĂ©.
    • Vous n'avez pas de droit Ă  rester dans le logement. Les hĂ©ritiers de votre concubin peuvent vous obliger Ă  quitter le logement.

      Pour vous permettre de rester dans les lieux, votre concubin peut toutefois avoir prévu à l'avance de vous léguer l'usufruit du logement dans un testament.

  À savoir

vous pouvez également avoir acheté votre logement par le biais d'une société civile immobiliÚre (SCI). Dans ce cas, les statuts de la SCI peuvent prévoir le maintien dans le logement.

Votre droit de rester dans le logement dépend de votre lien avec le défunt (mariage, Pacs ou union libre). Il dépend également du contrat qui vous lie à votre logement (location ou propriété).

Selon votre situation, vous pourrez soit rester temporairement dans les lieux, soit habiter le logement Ă  vie. L'occupation du logement peut aussi vous ĂȘtre interdite.

Dans tous les cas, le droit de rester dans le logement est valable uniquement pour la résidence principale.