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Fiche pratique

Enfant victime de maltraitance

Vérifié le 10/05/2023 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre), MinistÚre chargé de la justice

Vous ĂȘtes victime de maltraitance ou vous avez connaissance d'une situation de maltraitance envers un enfant ?

L'enfant maltraité peut bénéficier de protections particuliÚres de la part des services sociaux et des associations spécialisées. Des mesures de protection peuvent ordonnées par le juge. L'auteur de la maltraitance encourt des sanctions pénales.

Nous vous indiquons les démarches à effectuer.

Il s'agit de la maltraitance commise sur un mineur par ses parents ou par des personnes de son entourage (membre de la famille, voisin, ami...).

Cette maltraitance peut ĂȘtre caractĂ©risĂ©e par :

  • des violences physiques ou sexuelles (morsure, brĂ»lure, Ă©tranglement, attouchement, mutilation sexuelle...)
  • des violences psychologiques (brimades, menaces...)
  • ou la privation volontaire de soins (alimentation, mĂ©dicaments, hygiĂšne...)

  À savoir

le harcÚlement scolaire et les autres cas de violences entre élÚves font l'objet d'un traitement spécifique.

Toute personne (mineure ou majeure) tĂ©moin d'un acte de maltraitance envers un enfant ou soupçonnant un enfant en danger ou risquant de l'ĂȘtre doit signaler les faits. Il peut s'agir d'un particulier ou d'un professionnel (assistante sociale, mĂ©decin...).

  À savoir

le signalement peut ĂȘtre anonyme, qu'il soit fait par courrier ou par tĂ©lĂ©phone.

Vous ĂȘtes informĂ©s des suites donnĂ©es Ă  une information prĂ©occupante sur un mineur en danger sauf si cette information est contraire Ă  ses intĂ©rĂȘts ou vĂŽtres.

  À savoir

Le procureur de la RĂ©publique peut Ă©galement lancer , de lui-mĂȘme, une enquĂȘte Ă  la suite d'un signalement.

Ne pas alerter : quelles en sont les conséquences ?

La non-dĂ©nonciation d'une situation de maltraitance dont vous avez connaissance peut ĂȘtre punie de 3 ans de prison et de 45 000 € d'amende.

Alerte mensongÚre : quelles en sont les conséquences ?

Le fait d'alerter volontairement les autoritĂ©s sur des faits que vous savez inexacts relĂšve de la dĂ©nonciation calomnieuse. Ce dĂ©lit est puni par une peine de prison pouvant aller jusqu'Ă  5 ans et une amende de 45 000 €.

Le 119

Si vous ĂȘtes victime ou si vous avez connaissance d'une situation de maltraitance d'un enfant (tĂ©moin direct ou indirect), vous devez appeler le 119.

OĂč s’adresser ?

NumĂ©ro d'appel destinĂ© Ă  tout enfant ou adolescent victime de violences ou Ă  toute personne prĂ©occupĂ©e par une situation d'enfant en danger ou en risque de l'ĂȘtre.

Par téléphone

119 (appel gratuit et confidentiel)

24h/24 et 7 jours/7

Le 119 n’apparaĂźt pas sur les relevĂ©s de tĂ©lĂ©phone.

Par téléphone de l'étranger

01 53 06 38 94

Sur le site www.allo119.gouv.fr

Les services d'urgence (15, 17, 18)

Vous avez la possibilité de contacter les services d'urgence.

L'aide sociale Ă  l'enfance (ASE)

Vous pouvez également contacter les services du département : aide sociale à l'enfance (ASE) ou la cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip).

OĂč s’adresser ?

Le procureur de la République

Pour les cas d'une exceptionnelle gravité (violences physiques ou sexuelles par exemple), il est possible de s'adresser directement, par courrier, au procureur de la République.

OĂč s’adresser ?

  À savoir

Ă  titre exceptionnel, le juge des enfants peut intervenir, de lui-mĂȘme, lorsqu'il l'estime nĂ©cessaire (se saisir d'office).

MĂȘme si vos parents sont impliquĂ©s, en tant que victime, vous pouvez dĂ©poser une plainte simple. Cet acte vous permet de signaler Ă  la justice (procureur de la RĂ©publique, officiers de police judiciaire) les faits dont vous avez Ă©tĂ© victime (violences physiques ou psychologiques, privation de soin...).

Mais, si vous souhaitez que votre plainte donne lieu Ă  des poursuites, obtenir une indemnisation, vous devrez vous constituer partie civile. Pour ce faire vous devrez obligatoirement ĂȘtre reprĂ©senté :

  • par une personne majeure (grand-parent, tuteur, administrateur ad hoc...),
  • ou par une association (de plus de 5 ans d'anciennetĂ©, dont l'objet est la dĂ©fense des victimes). Dans ce cas, la procĂ©dure doit dĂ©jĂ  avoir Ă©tĂ© lancĂ©e par le procureur de la RĂ©publique ou faire suite Ă  votre plainte.

 Ă€ noter

les dĂ©lais de prescription concernant la plupart des infractions commises sur les mineurs sont particuliĂšrement longs (30 ans Ă  compter de la majoritĂ© de la victime en cas de viol). L'auteur des maltraitances peut donc ĂȘtre poursuivi et condamnĂ© mĂȘme longtemps aprĂšs les faits.

A la suite du signalement, le service de l'aide sociale à l'enfance (ASE) peut intervenir au domicile de l'enfant pour évaluer sa situation.

Si cet examen conclut à l'existence d'un danger ou d'un risque de danger pour l'enfant, le service peut proposer diverses mesures de protection administratives (par exemple des aides à domicile, un accueil ou hébergement ponctuel).

Si l'examen de la situation conclut à un danger pour l'enfant et que les parents refusent les mesures de protection administratives ou qu'elles ne sont pas efficaces, le service peut saisir le procureur de la République. Celui-ci peut s'adresser à un juge des enfants pour qu'il mette en place des mesures d'assistance éducative (mesure de suivi et d'aide à la famille) ou, si l'enfant court un grave danger, décider de le placer temporairement en urgence (dans une famille d'accueil par exemple).

Le juge des enfants peut prendre des mesures de suivi et d'aide Ă  la famille et des mesures de placement.

Mesures de suivi et d'aide Ă  la famille

Le juge des enfants essaie, dans la mesure du possible, de maintenir l'enfant dans sa famille.

Il désigne alors une personne qualifiée ou un service spécialisé pour aider la famille.

Le service spécialisé va mettre en place un accompagnement social et éducatif de la famille pour assurer la santé, la sécurité et l'éducation de l'enfant.

L'enfant peut également bénéficier d'un accompagnement psychologique.

Quand l'enfant est suivi par un service spĂ©cialisĂ©, il peut y ĂȘtre hĂ©bergĂ© de façon exceptionnelle ou pĂ©riodique (1 semaine par mois par exemple).

Le juge peut soumettre l'enfant ou ses parents au respect de certaines obligations. Elles peuvent ĂȘtre les suivantes :

  • Suivre une scolaritĂ© (ĂȘtre inscrit dans un Ă©tablissement sanitaire ou d'Ă©ducation, y compris en internat)
  • Exercer une activitĂ© professionnelle par l'enfant, s'il est en Ăąge de travailler
  • Respecter un suivi psychologique ou mĂ©dical

Si l'enfant est suivi par un service spécialisé, la mesure peut durer 2 ans maximum, renouvelable 1 fois.

Si l'enfant est suivi par une personne qualifiée, il n'y a pas de durée maximale.

Le juge peut également ordonner une aide à la gestion du budget familiale telle que l'aide éducative à domicile. Le but de cette mesure est de restaurer les liens entre les parents et l'enfant et rétablir l'autonomie financiÚre de la famille.

Mesures de placement

Le juge des enfants peut décider d'une mesure de placement dans les cas les plus graves.

Cette mesure ne retire pas l'autorité parentale aux parents de l'enfant.

Cette mesure est fixée pour une durée de 2 ans maximum, renouvelable 1 fois.

Toutefois, il est possible que les mesures soient ordonnées pour une durée supérieure si la situation de la famille l'exige.

Les parents peuvent obtenir un droit de visite.

Les frais occasionnĂ©s par la prise en charge du mineur doivent ĂȘtre payĂ©s par les parents, sauf dĂ©cision contraire du juge.

Les peines varient en fonction de la nature des atteintes portées au mineur.

  • La peine encourue pour les violences volontaires sur une victime mineure varie en fonction des Ă©lĂ©ments suivants :

    • Age du mineur
    • GravitĂ© des faits
    • FrĂ©quence des faits
    • Relation entre l'auteur des faits et le mineur
        • La peine est de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.

        • La peine est de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende lorsque les faits sont commis par un parent ou par une personne qui a autoritĂ© sur le mineur (par exemple, un beau-parent).

        • En cas de violences habituelles, la peine peut aller jusqu'Ă  5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

        • La peine est de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

        • La peine est de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende lorsque les faits sont commis par un parent ou par une personne qui a autoritĂ© sur le mineur (par exemple, un beau-parent).

        • En cas de violences habituelles, la peine peut aller jusqu'Ă  10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende.

        • Les violences ayant entraĂźnĂ© une mutilation ou une infirmitĂ© permanente sont punies de 15 ans de rĂ©clusion criminelle.

        • La peine est de 20 ans de rĂ©clusion criminelle lorsque l'infraction est commise par un parent ou par une personne ayant autoritĂ© sur le mineur (par exemple un beau-parent).

        • En cas de violences habituelles, la peine la peine peut aller jusqu'Ă  20 ans de rĂ©clusion criminelle.

        • La peine est de 20 ans de rĂ©clusion criminelle.

        • La peine est de 30 ans de rĂ©clusion criminelle lorsque les faits sont commis par un parent ou par une personne qui a autoritĂ© sur le mineur.

        • En cas de violences habituelles ayant entraĂźnĂ© la mort, la peine la peine peut aller jusqu'Ă  30 ans de rĂ©clusion criminelle.

        • La peine est une amende de 750 € s'il n'y a pas d'incapacitĂ© temporaire de travail, et de 1 500 € s'il y a une incapacitĂ© temporaire de travail.

        • La peine est de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d’amende.

        • En cas de violences habituelles, la peine peut aller jusqu'Ă  5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

        • La peine est de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.

        • La peine est de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d’amende.

        • En cas de violences habituelles, la peine peut aller jusqu'Ă  10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende.

        • La peine est de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende.

        • La peine est de 15 ans de rĂ©clusion criminelle.

        • En cas de violences habituelles, la peine la peine peut aller jusqu'Ă  20 ans de rĂ©clusion criminelle.

  • La loi prĂ©voit des peines plus sĂ©vĂšres en cas de violences Ă  caractĂšre sexuel (couramment appelĂ©e abus sexuels) sur mineurs. En outre, les dĂ©lais pendant lesquelles des poursuites peuvent ĂȘtre engagĂ©es contre le(s) auteur(s) des faits sont allongĂ©s.

  • Les peines varient selon l'auteur et les circonstances. Ainsi :

    • Lorsqu'un ascendant (ou toute autre personne exerçant l'autoritĂ© parentale ou ayant autoritĂ© sur un mineur de quinze ans) prive l'enfant d'aliments ou de soins au point de compromettre sa santĂ©, la peine est de 7 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende. En cas de mort du mineur, la peine est alors de 30 ans de rĂ©clusion criminelle.
    • Lorsque le pĂšre ou la mĂšre, se soustrait, sans motif lĂ©gitime, Ă  ses obligations lĂ©gales au point de compromettre la santĂ©, la sĂ©curitĂ©, la moralitĂ© ou l'Ă©ducation de son enfant mineur, la peine est de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende
    • Lorsque les parents d'un enfant (ou toute personne exerçant l'autoritĂ© parentale ou une autoritĂ© de fait de façon continue) de ne pas inscrire l'enfant dans un Ă©tablissement d'enseignement, sans excuse valable, en dĂ©pit d'une mise en demeure de l'autoritĂ© de l'Etat compĂ©tente en matiĂšre d'Ă©ducation, la peine est de 6 mois d'emprisonnement et 7 500 € d'amende.

     Ă€ noter

    Le fait de forcer un mineur à consommer des substances dangereuses (alcool, tabac, stupéfiants), ou à en faire un usage illicite, est également sanctionné par la loi. Ainsi en cas de  :

 Ă€ noter

Les personnes reconnues coupables de ces infractions peuvent aussi encourir des peines complémentaires (par exemple : interdiction des droits civiques, civils et de famille).

Pour en savoir plus