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Fiche pratique

Prison : droits familiaux, sociaux et civiques d'un détenu

Vérifié le 08/03/2022 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)

Une personne détenue a des droits familiaux : par exemple, elle peut se marier ou obtenir une autorisation de sortie en cas de décÚs d'un proche. Elle a également des droits sociaux et civiques : par exemple, elle peut voter aux élections. Ces droits peuvent varier selon que la personne est en détention provisoire ou est déjà condamnée.

Mariage d'une personne condamnée

La personne détenue a toujours le droit de se marier.

Le mariage doit en principe ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© en prison sur autorisation du procureur de la RĂ©publique. Dans ce cas, le futur Ă©poux de la personne dĂ©tenue et les tĂ©moins de mariage doivent tous solliciter un permis de visite pour pouvoir entrer dans la prison.

La cĂ©rĂ©monie peut aussi avoir lieu Ă  l'extĂ©rieur, dans une mairie, notamment celle de la commune oĂč rĂ©side le futur Ă©poux ou la future Ă©pouse en libertĂ©.

Pour cela, la personne détenue doit obtenir une permission de sortir auprÚs du juge d'application des peines.

Ce droit n'est ouvert qu'aux détenus condamnés à une peine définitive et dont la situation pénale correspond à l'une des suivantes :

  • Condamnation Ă  une ou plusieurs peines dont le total est infĂ©rieur ou Ă©gal Ă  1 an
  • Condamnation Ă  une ou plusieurs peines dont le total est supĂ©rieur Ă  un 1 an, aprĂšs exĂ©cution de la moitiĂ© de la peine, avec un temps restant de dĂ©tention infĂ©rieur Ă  3 ans
  • Condamnation Ă  une ou plusieurs peines dont le total est supĂ©rieur Ă  un an, aprĂšs exĂ©cution du tiers de leur peine si incarcĂ©ration dans un centre de dĂ©tention
  • Personne condamnĂ©e incarcĂ©rĂ©e dans un centre ou un quartier pour peines amĂ©nagĂ©es

En cas de refus du juge d'accorder une permission de sortie, la personne détenue peut faire un recours dans les 24 heures aprÚs la notification de la décision.

Le recours doit ĂȘtre dĂ©posĂ© auprĂšs de la cour d'appel dont dĂ©pend le juge qui a pris la dĂ©cision initiale.

OĂč s’adresser ?

Autorité parentale

Si la personne détenue n'a pas fait l'objet d'une déchéance de l'autorité parentale prononcée lors du jugement qui l'a condamnée, ou à une occasion, elle conserve l'autorité parentale sur ses enfants.

Elle continue d'ĂȘtre responsable de leur Ă©ducation et peut prendre des dĂ©cisions les concernant.

La personne détenue a le droit de reconnaßtre son enfant. Un officier d'état civil de la commune dont dépend l'établissement peut se rendre auprÚs d'elle pour lui faire signer la reconnaissance de paternité ou de maternité.

Le détenu concerné doit faire la demande auprÚs de l'officier d'état civil compétent pour la prison.

Il peut également s'adresser au conseiller d'insertion et de probation ou à l'assistance sociale de la prison pour qu'ils transmettent sa demande à l'officier d'état civil.

L'officier de l'état civil saisira le Procureur de la République pour lui demander l'autorisation de déplacer les registres de l'état civil en prison.

Maladie ou décÚs d'un proche

La personne détenue condamnée peut obtenir une permission de sortir si un de ses proches est gravement malade ou est décédé.

Elle pourra ainsi se rendre Ă  l'hĂŽpital ou Ă  l'enterrement.

La permission est accordée par le juge d'application des peines.

Ce droit est accordé à chaque détenu sauf celui qui a été condamné à une peine supérieure à 5 ans, dont moins de la moitié a été effectuée.

DĂšs sa sortie, le dĂ©tenu est laissĂ© libre et doit revenir de lui-mĂȘme en prison dans le dĂ©lai qui lui a Ă©tĂ© accordĂ©.

Ce dĂ©lai doit ĂȘtre infĂ©rieur ou Ă©gal Ă  3 jours.

Il peut ĂȘtre prolongĂ© si le lieu oĂč doit se rendre le dĂ©tenu est Ă©loignĂ© de la prison.

La sortie ne peut avoir lieu qu'en France.

Une personne détenue condamnée qui ne remplit pas les conditions pour obtenir une permission de sortir peut demander, à titre exceptionnel, une autorisation de sortie sous escorte.

La personne sera surveillĂ©e pendant toute la durĂ©e de la sortie et pourra ĂȘtre menottĂ©e en permanence.

Cette mesure est accordée par le juge d'application des peines.

La demande doit lui ĂȘtre adressĂ©e par Ă©crit.

OĂč s’adresser ?

L'escorte est composée de membre du personnel de surveillance de la prison, de policiers ou de gendarmes. Pour plus de discrétion, le juge peut dispenser ces agents du port de l'uniforme.

  À savoir

en cas de refus du juge d'accorder une permission de sortie, le détenu ne peut pas faire de recours. Cette décision est définitive.

Maternité

Les femmes détenues peuvent garder avec elles leurs enfants en prison (dans des espaces spécialement aménagés) jusqu'à l'ùge de 18 mois.

La mÚre détenue qui souhaite garder son enfant avec elle au-delà de ses 18 mois peut en faire la demande auprÚs de son conseiller d'insertion et de probation.

La demande sera transmise au directeur interrégional des services pénitentiaires.

Il prendra une décision aprÚs avis d'une commission consultative.

Durant les 12 mois qui suivent son dĂ©part, l'enfant peut ĂȘtre admis Ă  effectuer de courts sĂ©jours auprĂšs de sa mĂšre en prison.

Les personnes détenues ont accÚs aux droits sociaux comme tout le monde, sauf adaptation prévue par les textes.

Droit d'ĂȘtre informĂ©

Les personnes détenues ont droit, pendant leur incarcération, à une information sur leurs droits sociaux, de maniÚre à faciliter leur réinsertion.

Cette information leur est donnée par leur conseiller d'insertion et de probation.

Assurance maladie

La personne écrouée bénéficie de la prise en charge de ses frais de santé par le régime général de la sécurité sociale.

La prise en charge se fait à compter de sa date de mise sous écrou.

Toutefois, si elle exerce une activité professionnelle, cette prise en charge est assurée par le régime d'assurance maladie dont relÚve cette activité.

La personne écrouée bénéficie du tiers-payant : elle n'a donc aucun frais à avancer sur présentation de son attestation de droits ou de sa carte Vitale mise à jour.

Elle peut demander à bénéficier de la complémentaire santé solidaire (CSS).

 Ă€ noter

il n'y a pas de démarche à effectuer auprÚs de l'Assurance Maladie. C'est l'établissement pénitentiaire qui, à l'aide des éléments communiqués lors de la mise sous écrou, effectuera les démarches.

Aide en nature et aide financiĂšre

Les personnes dĂ©tenues qui sont dĂ©pourvues de ressources suffisantes peuvent bĂ©nĂ©ficier d'une aide en nature et d'une aide financiĂšre de l’État.

Aide en nature

L'aide en nature est accordée aux personnes détenues qui remplissent l'ensemble des conditions suffisantes :

  • Part disponible du compte nominatif pendant le mois prĂ©cĂ©dant le mois en cours infĂ©rieure Ă  100 €
  • Part disponible du compte nominatif pendant le mois courant infĂ©rieure Ă  100 €
  • Montant des dĂ©penses cumulĂ©es dans le mois courant infĂ©rieur Ă  100 €

  À savoir

la part disponible du compte nominatif du mois précédent n'est pas prise en compte pendant le 1er mois d'incarcération.

Aide financiĂšre

L'aide financiÚre est accordée aux personnes détenues qui remplissent l'ensemble des conditions suffisantes :

  • Part disponible du compte nominatif pendant le mois prĂ©cĂ©dant le mois en cours infĂ©rieure Ă  60 €
  • Part disponible du compte nominatif pendant le mois courant infĂ©rieure Ă  60 €
  • Montant des dĂ©penses cumulĂ©es dans le mois courant infĂ©rieur Ă  60 €

  À savoir

la part disponible du compte nominatif du mois précédent n'est pas prise en compte pendant le 1er mois d'incarcération.

L'aide en nature et l'aide financiÚre sont attribuées par l'administration pénitentiaire.

Lors de l'examen de la demande, l'administration tient compte des aides que la personne détenue a reçues de toute personne physique ou morale autorisée à apporter un soutien aux personnes détenues.

Prestations sociales

Les personnes détenues ont accÚs aux prestations sociales comme tout le monde (allocations familiales, allocation de solidarité aux personnes ùgées, etc...) sauf adaptation ou restriction prévue par les textes (RSA, allocations logement, etc.).

Les conseillers d'insertion et de probation leur fournissent les informations sur ce sujet, mais les personnes détenues peuvent aussi consulter le guide des droits sociaux accessibles aux personnes placées sous main de justice.

Hébergement - Logement

Les demandes d'hĂ©bergement et de logement adaptĂ© des sortants de prison doivent ĂȘtre adressĂ©es au service intĂ©grĂ© d'accueil et d'orientation (SIAO).

Ce service coordonne, en lien avec les services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP), les actions pour l'hébergement et l'accÚs au logement des personnes sortant de détention ou faisant l'objet d'un placement à l'extérieur.

Le détenu qui n'a pas été définitivement condamné à une interdiction des droits civiques peut voter :

  • Soit par correspondance
  • Soit par procuration
  • Soit en se rendant au bureau de vote

Mais, pour pouvoir voter, il doit ĂȘtre inscrit sur les listes Ă©lectorales.

Un dĂ©tenu peut demander Ă  ĂȘtre inscrit sur les listes Ă©lectorales, ou Ă  modifier son inscription (par exemple, pour changer de commune de vote).

Vous pouvez vous inscrire tout au long de l'année.

Mais pour voter lors d'une élection particuliÚre, vous devez respecter une date limite.

Les rÚgles d'inscription diffÚrent selon la forme du vote :

Sur quelle liste électorale s'inscrire ?

Pour voter par correspondance, le dĂ©tenu doit demander Ă  ĂȘtre inscrit sur les listes Ă©lectorales de la commune chef-lieu du dĂ©partement oĂč se situe la prison pĂ©nitentiaire. Le dĂ©tenu doit fournir les 2 documents suivants :

  • Attestation sur l'honneur, qui doit comporter son nom et ses prĂ©noms, ses date et lieu de naissance, son lien avec la commune, sa signature, le cachet de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire
  • Justificatif d'identitĂ© et de nationalitĂ©. Si le dĂ©tenu n'a pas de justificatif, le directeur de la prison peut exceptionnellement fournir un document par lequel il atteste de l'identitĂ© du dĂ©tenu.

Comment voter ?

Le vote par correspondance a lieu dans la prison, avant la date de l'élection ou du référendum (au plus tard le samedi précédant).

Avant le vote, le directeur de la prison remet au détenu concerné les documents suivants :

  • Tracts Ă©lectoraux (au plus tard le mercredi prĂ©cĂ©dant l’élection ou le rĂ©fĂ©rendum)
  • Enveloppe d'identification
  • Enveloppe Ă©lectorale

Le jour du vote dans la prison, le directeur vérifie l'identité du détenu électeur.

Le détenu électeur introduit son bulletin de vote dans l'enveloppe électorale. Cela doit se dérouler dans un endroit à l'abri des regards.

Ensuite, le détenu électeur met dans l'enveloppe d'identification 

  • l'enveloppe Ă©lectorale
  • et un justificatif d'identitĂ© et de nationalitĂ© (copie d'une piĂšce d'identitĂ© ou attestation dĂ©livrĂ© par le directeur de la prison).

Il scelle son enveloppe d'identification et y indique son nom et ses prénoms, son lieu de détention et son numéro d'écrou.

  À savoir

une fois l'enveloppe d'identification scellée, l'électeur ne peut plus revenir sur son vote.

Le détenu électeur remet ensuite son enveloppe d'identification au directeur de la prison et il signe la liste des votants.

Information sur les droits électoraux

Le directeur de la prison doit informer le détenu ayant le droit de vote, ou qui sera en ùge de voter le jour du vote des formes du vote (par correspondance, par procuration, au bureau de vote).

Il doit également l'informer de la maniÚre de s'inscrire sur les listes électorales.

Il doit le faire dans les 15 jours suivant l'incarcération du détenu.

  À savoir

le directeur doit lui fournir les moyens nécessaires pour faire son inscription et réunir les justificatifs exigés.

Comment voter par procuration ?

Le détenu peut voter par procuration :

  • lorsqu'il n'a pas demandĂ© la permission de sortir d'une journĂ©e pour aller voter au bureau de vote
  • ou lorsque cette permission lui a Ă©tĂ© refusĂ©e.

Pour cela, il doit dĂ©signer un Ă©lecteur (inscrit dans la mĂȘme commune) qui ira au bureau de vote pour voter Ă  sa place le jour de l'Ă©lection ou du rĂ©fĂ©rendum.

Le détenu doit s'adresser au greffe de la prison pour demander

  • la dĂ©livrance d'un extrait du registre d'Ă©crou justifiant son incapacitĂ© Ă  se rendre Ă  un bureau de vote
  • et le passage d'un officier de police pour certifier la procuration.

Comment s'inscrire sur les listes électorales ?

En tant que dĂ©tenu, il est possible de demander Ă  ĂȘtre inscrit sur la liste Ă©lectorale d'une des communes suivantes :

  • Commune du domicile
  • Commune de sa derniĂšre rĂ©sidence, de 6 mois au moins
  • Commune de naissance
  • Commune oĂč est nĂ©, est inscrit ou a Ă©tĂ© inscrit sur la liste Ă©lectorale un de ses ascendants
  • Commune sur la liste Ă©lectorale de laquelle est inscrit son Ă©poux ou partenaire de Pacs ou concubin
  • Commune sur la liste Ă©lectorale de laquelle est inscrit ou a Ă©tĂ© inscrit un de ses parents jusqu'au 4e degrĂ©

Pour cela, le détenu doit fournir un des documents suivants :

  • Justificatif de domicile ou de rĂ©sidence
  • Attestation sur l'honneur du dĂ©tenu. Elle doit comporter son nom et ses prĂ©noms, ses date et lieu de naissance, son lien avec la commune, sa signature, le cachet de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.

Le détenu doit également fournir un justificatif d'identité et de nationalité. Si le détenu n'a pas de justificatif, le directeur de la prison peut exceptionnellement fournir un document par lequel il atteste de l'identité du détenu.

Information sur les droits électoraux

Le directeur de la prison doit informer le détenu ayant le droit de vote, ou qui sera en ùge de voter le jour du vote des formes du vote (par correspondance, par procuration, au bureau de vote).

Il doit également l'informer de la maniÚre de s'inscrire sur les listes électorales.

Il doit le faire dans les 15 jours suivant l'incarcération du détenu.

  À savoir

le directeur doit lui fournir les moyens nécessaires pour faire son inscription et réunir les justificatifs exigés.

Comment aller au bureau de vote  ?

Pour voter au bureau de vote, le détenu doit demander au juge d'application des peines une permission de sortir d'une journée pour aller voter.

  À savoir

cette permission est refusée à la personne condamnée à une peine de prison de plus de 5 ans, tant qu'elle n'en a pas accompli la moitié.

Comment s'inscrire sur les listes électorales ?

En tant que dĂ©tenu, il est possible de demander Ă  ĂȘtre inscrit sur la liste Ă©lectorale d'une des communes suivantes :

  • Commune du domicile
  • Commune de sa derniĂšre rĂ©sidence, de 6 mois au moins
  • Commune de naissance
  • Commune oĂč est nĂ©, est inscrit ou a Ă©tĂ© inscrit sur la liste Ă©lectorale un de ses ascendants
  • Commune sur la liste Ă©lectorale de laquelle est inscrit son Ă©poux ou partenaire de Pacs ou concubin
  • Commune sur la liste Ă©lectorale de laquelle est inscrit ou a Ă©tĂ© inscrit un de ses parents jusqu'au 4e degrĂ©

Pour cela, le détenu doit fournir un des 2 documents suivants :

  • Justificatif de domicile ou de rĂ©sidence
  • Attestation sur l'honneur du dĂ©tenu. Elle doit comporter son nom et ses prĂ©noms, ses date et lieu de naissance, son lien avec la commune, sa signature, le cachet de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.

Le détenu doit également fournir un justificatif d'identité et de nationalité. Si le détenu n'a pas de justificatif, le directeur de la prison peut exceptionnellement fournir un document par lequel il atteste de l'identité du détenu.

Information sur les droits électoraux

Le directeur de la prison doit informer le détenu ayant le droit de vote, ou qui sera en ùge de voter le jour du vote des formes du vote (par correspondance, par procuration, au bureau de vote).

Il doit également l'informer de la maniÚre de s'inscrire sur les listes électorales.

Il doit le faire dans les 15 jours suivant l'incarcération du détenu.

  À savoir

le directeur doit lui fournir les moyens nécessaires pour faire son inscription et réunir les justificatifs exigés.

La personne détenue peut saisir l'un des organismes suivants :

  • Administration pĂ©nitentiaire (direction de l'Ă©tablissement, direction interrĂ©gionale des services pĂ©nitentiaires ou direction de l'administration pĂ©nitentiaire)
  • ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© pour toute question concernant des faits mettant en cause l'Ă©tat, l'organisation ou le fonctionnement de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire, la prise en charge ou le transfĂšrement d'une personne dĂ©tenue ou la violation d'un de ses droits fondamentaux
  • DĂ©fenseur des droits pour toute question concernant le respect de la dĂ©ontologie de la sĂ©curitĂ© (comportement des surveillants)
  • Tribunal administratif pour contester les dĂ©cisions prises Ă  son Ă©gard par l'administration pĂ©nitentiaire

Mariage d'une personne en détention provisoire

Une personne détenue a toujours le droit de se marier.

Elle doit demander l'autorisation du procureur de la République pour que le mariage soit célébré dans l'établissement pénitentiaire.

Le futur époux de la personne détenue et les témoins de mariage doivent tous solliciter un permis de visite pour pouvoir entrer dans la prison.

  À savoir

les personnes incarcérées dans le cadre d'une détention provisoire et qui n'ont pas été définitivement condamnées ne peuvent pas se marier hors de la prison.

Autorité parentale

Si la personne détenue n'a pas fait l'objet d'une déchéance de l'autorité parentale prononcée lors du jugement qui l'a condamnée, ou à une occasion, elle conserve l'autorité parentale sur ses enfants.

Elle continue d'ĂȘtre responsable de leur Ă©ducation et peut prendre des dĂ©cisions les concernant.

La personne détenue a le droit de reconnaßtre son enfant. Un officier d'état civil de la commune dont dépend l'établissement peut se rendre auprÚs d'elle pour lui faire signer la reconnaissance de paternité ou de maternité.

Le détenu concerné doit faire la demande auprÚs de l'officier d'état civil compétent pour la prison.

Il peut également s'adresser au conseiller d'insertion et de probation ou à l'assistance sociale de la prison pour qu'ils transmettent sa demande à l'officier d'état civil.

L'officier de l'état civil saisira le Procureur de la République pour lui demander l'autorisation de déplacer les registres de l'état civil en prison.

Maladie ou décÚs d'un proche

En cas de maladie ou de décÚs d'un proche, la personne détenue peut demander au juge d'instruction chargé de son affaire, à titre exceptionnel, une autorisation de sortie sous escorte.

Si l'autorisation est accordĂ©e, le dĂ©tenu sera surveillĂ©e et pourra ĂȘtre menottĂ©e en permanence.

La demande doit ĂȘtre adressĂ©e directement au juge.

OĂč s’adresser ?

L'escorte est composée par des personnels de surveillance de la prison, des policiers ou des gendarmes. Pour plus de discrétion, le juge peut dispenser ces agents du port de l'uniforme.

  À savoir

en cas de refus du juge, le détenu ne peut pas faire de recours. Cette décision est définitive.

Maternité

Les femmes détenues peuvent garder avec elles leurs enfants en prison (dans des espaces spécialement aménagés) jusqu'à l'ùge de 18 mois.

La mÚre détenue qui souhaite garder son enfant avec elle au-delà de ses 18 mois peut en faire la demande auprÚs de son conseiller d'insertion et de probation.

La demande sera transmise au directeur interrégional des services pénitentiaires.

Il prendra une décision aprÚs avis d'une commission consultative.

Durant les 12 mois qui suivent son dĂ©part, l'enfant peut ĂȘtre admis Ă  effectuer de courts sĂ©jours auprĂšs de sa mĂšre en prison.

Les personnes détenues ont accÚs aux droits sociaux dans les conditions comme tout le monde, sauf adaptation prévue par les textes.

Droit d'ĂȘtre informĂ©

Les personnes détenues ont droit, pendant leur incarcération, à une information sur leurs droits sociaux, de maniÚre à faciliter leur réinsertion.

Cette information leur est donnée par leur conseiller d'insertion et de probation.

Assurance maladie

La personne écrouée bénéficie de la prise en charge de ses frais de santé par le régime général de la sécurité sociale.

La prise en charge se fait à compter de sa date de mise sous écrou.

Toutefois, si elle exerce une activité professionnelle, cette prise en charge est assurée par le régime d'assurance maladie dont relÚve cette activité.

La personne écrouée bénéficie du tiers-payant : elle n'a donc aucun frais à avancer sur présentation de son attestation de droits ou de sa carte Vitale mise à jour.

Elle peut demander à bénéficier de la complémentaire santé solidaire (CSS).

 Ă€ noter

il n'y a pas de démarche à effectuer auprÚs de l'Assurance Maladie. C'est l'établissement pénitentiaire qui, à l'aide des éléments communiqués lors de la mise sous écrou, effectuera les démarches.

Aide en nature et aide financiĂšre

Les personnes dĂ©tenues qui sont dĂ©pourvues de ressources suffisantes peuvent bĂ©nĂ©ficier d'une aide en nature et d'une aide financiĂšre de l’État.

Aide en nature

L'aide en nature est accordée aux personnes détenues qui remplissent l'ensemble des conditions suffisantes :

  • Part disponible du compte nominatif pendant le mois prĂ©cĂ©dant le mois en cours infĂ©rieure Ă  100 €
  • Part disponible du compte nominatif pendant le mois courant infĂ©rieure Ă  100 €
  • Montant des dĂ©penses cumulĂ©es dans le mois courant infĂ©rieur Ă  100 €

  À savoir

la part disponible du compte nominatif du mois précédent n'est pas prise en compte pendant le 1er mois d'incarcération.

Aide financiĂšre

L'aide financiÚre est accordée aux personnes détenues qui remplissent l'ensemble des conditions suffisantes :

  • Part disponible du compte nominatif pendant le mois prĂ©cĂ©dant le mois en cours infĂ©rieure Ă  60 €
  • Part disponible du compte nominatif pendant le mois courant infĂ©rieure Ă  60 €
  • Montant des dĂ©penses cumulĂ©es dans le mois courant infĂ©rieur Ă  60 €

  À savoir

la part disponible du compte nominatif du mois précédent n'est pas prise en compte pendant le 1er mois d'incarcération.

L'aide en nature et l'aide financiÚre sont attribuées par l'administration pénitentiaire.

Lors de l'examen de la demande, l'administration tient compte des aides que la personne détenue a reçues de toute personne physique ou morale autorisée à apporter un soutien aux personnes détenues.

Prestations sociales

Les personnes détenues ont accÚs aux prestations sociales comme tout le monde (allocations familiales, allocation de solidarité aux personnes ùgées, etc...) sauf adaptation ou restriction prévue par les textes (RSA, allocations logement, etc.).

Les conseillers d'insertion et de probation leur fournissent les informations sur ce sujet, mais les personnes détenues peuvent aussi consulter le guide des droits sociaux accessibles aux personnes placées sous main de justice.

Hébergement - Logement

Les demandes d'hĂ©bergement et de logement adaptĂ© des sortants de prison doivent ĂȘtre adressĂ©es au service intĂ©grĂ© d'accueil et d'orientation (SIAO).

Ce service coordonne, en lien avec les services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP), les actions pour l'hébergement et l'accÚs au logement des personnes sortant de détention ou faisant l'objet d'un placement à l'extérieur.

Le détenu qui n'a pas été définitivement condamné à une interdiction des droits civiques peut voter soit par procuration, soit par correspondance.

Mais, pour pouvoir voter, il doit ĂȘtre inscrit sur les listes Ă©lectorales.

Un dĂ©tenu peut demander Ă  ĂȘtre inscrit sur les listes Ă©lectorales.

Vous pouvez vous inscrire tout au long de l'année.

Mais pour voter lors d'une élection particuliÚre, vous devez respecter une date limite.

Les rÚgles d'inscription diffÚrent selon la forme du vote :

  • Comment voter par procuration ?

    Le détenu peut voter par procuration :

    • lorsqu'il n'a pas demandĂ© la permission de sortir d'une journĂ©e pour aller voter au bureau de vote
    • ou lorsque cette permission lui a Ă©tĂ© refusĂ©e.

    Pour cela, il doit dĂ©signer un Ă©lecteur (inscrit dans la mĂȘme commune) qui ira au bureau de vote pour voter Ă  sa place le jour de l'Ă©lection ou du rĂ©fĂ©rendum.

    Le détenu doit s'adresser au greffe de la prison pour demander :

    • la dĂ©livrance d'un extrait du registre d'Ă©crou justifiant son incapacitĂ© Ă  se rendre Ă  un bureau de vote
    • et le passage d'un officier de police pour certifier la procuration.

    Comment s'inscrire sur les listes électorales ?

    En tant que dĂ©tenu, il est possible de demander Ă  ĂȘtre inscrit sur la liste Ă©lectorale d'une des communes suivantes :

    • Commune du domicile
    • Commune de sa derniĂšre rĂ©sidence, de 6 mois au moins
    • Commune de naissance
    • Commune oĂč est nĂ©, est inscrit ou a Ă©tĂ© inscrit sur la liste Ă©lectorale un de ses ascendants
    • Commune sur la liste Ă©lectorale de laquelle est inscrit son Ă©poux ou partenaire Pacs ou concubin
    • Commune sur la liste Ă©lectorale de laquelle est inscrit ou a Ă©tĂ© inscrit un de ses parents jusqu'au 4e degrĂ©

    Pour cela, le détenu doit fournir un des documents suivants :

    • Justificatif de domicile ou de rĂ©sidence
    • Attestation sur l'honneur du dĂ©tenu. Elle doit comporter son nom et ses prĂ©noms, ses date et lieu de naissance, son lien avec la commune, sa signature, le cachet de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.

    Le détenu doit également fournir un justificatif d'identité et de nationalité. Si le détenu n'a pas de justificatif, le directeur de la prison peut exceptionnellement fournir un document par lequel il atteste de l'identité du détenu.

    Information sur les droits électoraux

    Le directeur de la prison doit informer le détenu ayant le droit de vote, ou qui sera en ùge de voter le jour du vote des formes du vote (par correspondance, par procuration, au bureau de vote).

    Il doit également l'informer de la maniÚre de s'inscrire sur les listes électorales.

    Il doit le faire dans les 15 jours suivant l'incarcération du détenu.

      À savoir

    le directeur doit lui fournir les moyens nécessaires pour faire son inscription et réunir les justificatifs exigés.

  • Sur quelle liste Ă©lectorale s'inscrire ?

    Pour voter par correspondance, le dĂ©tenu doit demander Ă  ĂȘtre inscrit sur les listes Ă©lectorales de la commune chef-lieu du dĂ©partement oĂč se situe la prison pĂ©nitentiaire. Le dĂ©tenu doit fournir les 2 documents suivants :

    • Attestation sur l'honneur, qui doit comporter son nom et ses prĂ©noms, ses date et lieu de naissance, son lien avec la commune, sa signature, le cachet de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.
    • Justificatif d'identitĂ© et de nationalitĂ©. Si le dĂ©tenu n'a pas de justificatif, le directeur de la prison peut exceptionnellement fournir un document par lequel il atteste de l'identitĂ© du dĂ©tenu.

    Comment voter ?

    Le vote par correspondance a lieu dans la prison, avant la date de l'élection ou du référendum (au plus tard le samedi précédant).

    Avant le vote, le directeur de la prison remet au détenu concerné les documents suivants :

    • Tracts Ă©lectoraux (au plus tard le mercredi prĂ©cĂ©dant l’élection ou le rĂ©fĂ©rendum)
    • Enveloppe d'identification
    • Enveloppe Ă©lectorale

    Le jour du vote dans la prison, le directeur vérifie l'identité du détenu électeur.

    Le détenu électeur introduit son bulletin de vote dans l'enveloppe électorale. Cela doit se dérouler dans un endroit à l'abri des regards.

    Ensuite, le détenu électeur met dans l'enveloppe d'identification 

    • l'enveloppe Ă©lectorale
    • et un justificatif d'identitĂ© et de nationalitĂ© (copie d'une piĂšce d'identitĂ© ou attestation dĂ©livrĂ© par le directeur de la prison).

    Il scelle son enveloppe d'identification et y indique son nom et ses prénoms, son lieu de détention et son numéro d'écrou.

      À savoir

    une fois l'enveloppe d'identification scellée, l'électeur ne peut plus revenir sur son vote.

    Le détenu électeur remet ensuite son enveloppe d'identification au directeur de la prison et il signe la liste des votants.

    Information sur les droits électoraux

    Le directeur de la prison doit informer le détenu ayant le droit de vote, ou qui sera en ùge de voter le jour du vote des formes du vote (par correspondance, par procuration, au bureau de vote).

    Il doit également l'informer de la maniÚre de s'inscrire sur les listes électorales.

    Il doit le faire dans les 15 jours suivant l'incarcération du détenu.

      À savoir

    le directeur doit lui fournir les moyens nécessaires pour faire son inscription et réunir les justificatifs exigés.

La personne détenue peut saisir l'un des organismes suivants :

  • Administration pĂ©nitentiaire (direction de l'Ă©tablissement, direction interrĂ©gionale des services pĂ©nitentiaires ou direction de l'administration pĂ©nitentiaire)
  • ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© pour toute question concernant des faits mettant en cause l'Ă©tat, l'organisation ou le fonctionnement de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire, la prise en charge ou le transfĂšrement d'une personne dĂ©tenue ou la violation d'un de ses droits fondamentaux
  • DĂ©fenseur des droits pour toute question concernant le respect de la dĂ©ontologie de la sĂ©curitĂ© (comportement des surveillants)
  • Tribunal administratif pour contester les dĂ©cisions prises Ă  son Ă©gard par l'administration pĂ©nitentiaire

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