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Fiche pratique

Devoir de réserve, discrétion et secret professionnels dans la fonction publique

Vérifié le 05/11/2021 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)

Vous ĂȘtes agent public (fonctionnaire ou contractuel) ? Vous ĂȘtes soumis au devoir de rĂ©serve et Ă  une obligation de discrĂ©tion professionnelle et, dans certains cas, vous ĂȘtes tenu au secret professionnel.

Le devoir de réserve désigne l'obligation faite à tout agent public de faire preuve de réserve et de retenue dans l'expression écrite et orale de ses opinions personnelles.

L'obligation de réserve n'est pas conçue comme une interdiction d'exercer les droits élémentaires du citoyen : liberté d'opinion et liberté d'expression.

Le devoir de réserve ne concerne pas le contenu de vos opinions, mais leur mode d'expression.

L'obligation de réserve s'applique pendant et en dehors du temps de travail.

Le devoir de réserve s'applique plus ou moins rigoureusement selon les critÚres suivants :

  • Place dans la hiĂ©rarchie (l'expression des hauts fonctionnaires est jugĂ©e par exemple plus sĂ©vĂšrement)
  • Circonstances dans lesquelles vous vous exprimez (un responsable syndical agissant dans le cadre de son mandat bĂ©nĂ©ficie par exemple de plus de libertĂ©)
  • PublicitĂ© donnĂ©e Ă  vos propos (selon par exemple que vous vous exprimez dans un journal local ou dans un mĂ©dia national)
  • Formes d'expression (par exemple si vous avez utilisĂ© ou non des termes injurieux ou outranciers)

L'obligation de réserve vous impose aussi d'éviter en toutes circonstances les comportements pouvant porter atteinte à la considération du service public par les usagers.

C'est à l'autorité hiérarchique dont vous dépendez de déterminer si vous avez manqué à votre devoir de réserve.

Le non respect de l'obligation de rĂ©serve peut justifier qu’une procĂ©dure disciplinaire soit engagĂ©e Ă  votre encontre.

  À savoir

vous restez soumis au devoir de réserve pendant les périodes d'inactivité dans la fonction publique. Par exemple, pendant les périodes de disponibilité ou de congé non rémunéré ou pendant les périodes de suspension de fonctions.

L'obligation de discrétion professionnelle désigne l'obligation faite à tout agent public de ne pas divulguer les informations concernant l'activité, les missions et le fonctionnement de son administration.

En tant qu'agent public, l'obligation de discrétion concerne les faits, informations ou documents non communicables aux usagers dont vous avez connaissance dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de vos fonctions.

L'obligation est particuliÚrement forte pour certaines catégories d'agents : militaires ou magistrats par exemple.

Cette obligation s'applique à l'égard des usagers mais aussi entre agents publics, à l'égard de vos collÚgues qui n'ont pas, du fait de leurs fonctions, à connaßtre les informations en cause.

Les responsables syndicaux restent soumis Ă  cette obligation.

Le non respect de l'obligation de discrĂ©tion professionnelle peut justifier qu’une procĂ©dure disciplinaire soit engagĂ©e Ă  votre encontre.

Cette obligation ne peut ĂȘtre levĂ©e que par dĂ©cision de votre autoritĂ© hiĂ©rarchique.

L'obligation de secret professionnel impose Ă  l'agent public de ne pas divulguer les informations personnelles concernant des usagers dont il a connaissance dans le cadre de ses fonctions.

L'obligation de secret professionnel concerne les informations portant sur la santĂ©, le comportement, la situation familiale, ... des usagers. Elle vise Ă  protĂ©ger les intĂ©rĂȘts matĂ©riels et moraux des particuliers.

Toutefois, le secret professionnel peut ĂȘtre levĂ© si l'usager concernĂ© par l'information l'autorise.

En outre, dans certains cas, la levée du secret professionnel est obligatoire.

C'est le cas si elle permet d'assurer la protection des personnes (révélation de maltraitances, par exemple) ou la préservation de la santé publique (révélation de maladies nécessitant une surveillance, par exemple).

Cela est aussi le cas si la levée du secret professionnel permet d'assurer la préservation de l'ordre public (dénonciation de crimes ou de délits) et le bon déroulement des procédures de justice (témoignages en justice, par exemple).

Par ailleurs, les administrations doivent répondre aux demandes d'information de l'administration fiscale.

Le secret professionnel n'empĂȘche pas la communication de documents au DĂ©fenseur des droits.

Dans tous les cas, la communication d'informations concernant la dĂ©fense nationale, la sĂ»retĂ© de l'État ou la politique extĂ©rieure est interdite.

La rĂ©vĂ©lation de secrets professionnels en dehors des cas autorisĂ©s est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.