Question-réponse
Infraction pénale commise par un agent public : quelle sanction disciplinaire ?
Vérifié le 19/04/2021 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)
Une faute commise dans l'exercice des fonctions peut justifier une procĂ©dure disciplinaire de la part de l'administration et des poursuites pĂ©nales. En effet, les mĂȘmes faits peuvent constituer Ă la fois une faute professionnelle et une infraction pĂ©nale.
En outre, l'administration peut aussi décider d'engager une procédure disciplinaire à l'encontre d'un agent poursuivi pénalement pour des faits sans lien avec le service dans les cas suivants  :
- Lâinfraction est incompatible avec l'exercice d'une fonction publique
- L'infraction porte atteinte à la réputation de l'administration
- L'infraction constitue un manquement grave à la probité, propre à altérer la confiance dans l'action publique, etc.
Toutefois, procédure disciplinaire et procédure pénale sont indépendantes. Quelle que soit la décision du juge pénal, l'autorité administrative peut décider d'engager, ou non, une procédure disciplinaire à l'encontre de l'agent.
La dĂ©cision du juge pĂ©nal quelle qu'elle soit (condamnation, non-lieu, relaxe, acquittement, mise hors de cause) n'oblige pas l'administration Ă prendre une dĂ©cision allant dans le mĂȘme sens. RĂ©ciproquement, le juge n'est pas liĂ© par la dĂ©cision de l'administration de sanctionner ou non l'agent.
Cependant, lâaction publique a des effets sur le dĂ©roulement de la procĂ©dure disciplinaire.
Durée de la procédure disciplinaire
En effet, lorsque l'administration a connaissance de faits passibles d'une sanction disciplinaire, elle doit engager la procĂ©dure disciplinaire dans les 3 ans suivant le jour oĂč elle en a connaissance. PassĂ© ce dĂ©lai de 3 ans, les faits en cause sont prescrits c'est-Ă -dire qu'ils ne peuvent plus faire l'objet d'une procĂ©dure disciplinaire. Or, lorsque l'agent fait l'objet de poursuites pĂ©nales, ce dĂ©lai de 3 ans est interrompu jusqu'Ă la dĂ©cision dĂ©finitive de classement sans suite, de non-lieu, d'acquittement, de relaxe ou de condamnation.
Mesures alternatives Ă la suspension de fonctions
Par ailleurs, selon la gravitĂ© et les circonstances de la faute, l'administration peut dĂ©cider de suspendre l'agent de ses fonctions. Cette mesure est limitĂ©e Ă 4 mois. La situation de l'agent doit ĂȘtre dĂ©finitivement rĂ©glĂ©e Ă la fin des 4 mois, c'est-Ă -dire que l'administration doit avoir saisi le conseil de discipline et dĂ©cidĂ© d'une sanction Ă la fin des 4 mois. En l'absence de dĂ©cision de lâadministration Ă la fin des 4 mois, l'agent est obligatoirement rĂ©tabli dans ses fonctions, quelle que soit la gravitĂ© des faits et mĂȘme si la procĂ©dure disciplinaire reste en cours.
Mais lĂ aussi, quand l'agent fait l'objet de poursuites pĂ©nales, la situation diffĂšre. Si les mesures dĂ©cidĂ©es par l'autoritĂ© judiciaire ou si l'intĂ©rĂȘt du service le permettent, l'agent peut faire l'objet de l'une des dĂ©cisions suivantes :
- L'autorité administrative peut le rétablir dans ses fonctions
- Ou l'autorité administrative peut l'affecter provisoirement dans un emploi compatible avec les obligations du contrÎle judiciaire auquel il est éventuellement soumis
- Ou l'autorité administrative peut le détacher d'office, provisoirement, s'il s'agit d'un fonctionnaire, dans un autre corps ou cadre d'emplois pour occuper un emploi compatible avec les obligations du contrÎle judiciaire.
L'affectation ou le détachement provisoire prend fin lorsque la situation de l'agent est définitivement réglée (c'est-à -dire que l'administration a pris la décision de le sanctionner ou non).
L'affectation ou le détachement provisoire peut aussi prendre fin quand l'évolution des poursuites pénales rend impossible sa prolongation (en cas de mise en détention provisoire, notamment).
Si l'agent ne peut pas ou plus travailler, l'administration peut rĂ©duire sa rĂ©munĂ©ration. Cette retenue de rĂ©munĂ©ration peut ĂȘtre au maximum de 50 %. Toutefois, le supplĂ©ment familial de traitement (SFT) continue d'ĂȘtre versĂ© en totalitĂ©.
AprÚs la décision de justice
En cas de non-lieu, relaxe, acquittement ou mise hors de cause, l'agent est rétabli dans ses fonctions. L'administration établit un procÚs-verbal indiquant la date de rétablissement. Si l'agent le souhaite, l'administration communique ce procÚs-verbal, dans le mois qui suit son établissement, aux autres agents et aux usagers, si l'agent occupe un emploi en contact avec le public.
L'agent est radié des cadres sans que la procédure disciplinaire soit nécessaire dans les cas suivants :
- Il fait l'objet d'une condamnation entraßnant la déchéance des droits civiques
- Ou il fait l'objet d'une interdiction d'exercer un emploi public
- Ou il fait l'objet d'une condamnation entraßnant la perte de la nationalité française.
Toutefois, il peut demander sa réintégration à l'autorité administrative à la fin de la période de privation des droits civiques ou à la fin de la période d'interdiction d'exercer un emploi public ou en cas de réintégration dans la nationalité française.
Cette demande de réintégration est soumise à l'avis de la CAP. L'administration n'est pas obligée d'y répondre favorablement.
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Sanctions disciplinaires dans la fonction publiqueÂ
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