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Question-réponse

Comment déclarer des financements étrangers du culte ?

Vérifié le 27/10/2022 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)

Une association exerçant le culte qui reçoit un financement direct ou indirect de l'Ă©tranger doit le dĂ©clarer. Peu importe la forme de l'avantage ou de la ressource, l'obligation de dĂ©claration s'impose, dĂšs que le montant perçu, sur une annĂ©e comptable, dĂ©passe 15 300 €. L'obligation de dĂ©claration s'impose quel que soit le montant pour les donations notariĂ©es et les legs. La dĂ©claration doit ĂȘtre faite au ministre de l'intĂ©rieur. Il peut s'y opposer en cas de risque d'atteinte Ă  l'ordre public.

Les financements concernés sont tous les avantages et toutes les ressources en nature ou en espÚce.

Ces financements peuvent ĂȘtre attribuĂ©s :

  • Par voie de libĂ©ralitĂ© (donation et legs)

Les financements peuvent prendre la forme de :

  • Remise matĂ©rielle d'un objet
  • Don d'une somme d'argent (en espĂšce, par chĂšque ou par virement)
  • Valeurs mobiliĂšres
  • PrĂȘt de main-d’Ɠuvre
  • PrĂȘt en espĂšce Ă  taux bonifiĂ© (privilĂ©giĂ©) ou non
  • Apport en fonds propres
  • Mise Ă  disposition d’un local
  • Prise en charge de dĂ©penses

Les financements reçus directement ou indirectement doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s, y compris ceux reçus par un intermĂ©diaire français (association, fonds de dotation, SCI, personne physique
).

Exemples :

  • Mise Ă  disposition d'un local appartenant Ă  une sociĂ©tĂ© civile immobiliĂšre (SCI) sous contrĂŽle, mĂȘme indirect, d'une organisation Ă©trangĂšre, qui est utilisĂ© pour l’exercice d’un culte. Si une association financĂ©e par un Éttat Ă©tranger dĂ©tient 40% des parts d’une SCI dĂ©tenant un lieu de culte, l’association qui utilise le lieu de culte est tenue de le dĂ©clarer comme un financement Ă©tranger.
  • Mise Ă  disposition Ă  titre gratuit d'un ministre du culte par une association financĂ©e par une organisation Ă©trangĂšre.

  À savoir

le bénévolat réalisé par un particulier non-résident n'est pas concerné.

Tout va dépendre du lieu d'implantation de l'organisme bénéficiaire et de la forme du financement (donation, testament ou avantage obtenu hors acte notarié).

    • Association cultuelle
    • Association subvenant Ă  l'entretien, aux frais et Ă  l'exercice d'un culte, mĂȘme si elle a d'autres objets (association dite « mixte »)
  • Association inscrite Ă  objet cultuel

    • Établissement public du culte
    • Association inscrite Ă  objet cultuel
    • CongrĂ©gation

  • Toutes les libĂ©ralitĂ©s (quel que soit leurs montants), provenant directement ou indirectement de l'Ă©tranger, doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©es.

    La donation est déclarée dÚs que son bénéficiaire (appelé le donataire) l'a acceptée.

    Le legs est déclaré au décÚs de son auteur (appelé le testateur) dÚs que le notaire est en possession du testament.

  • Avantage ou ressource d'un montant supĂ©rieur Ă  15 300 €

    Tout don doit ĂȘtre dĂ©clarĂ© lorsque :

    • les avantages ou les ressources proviennent directement ou indirectement de l'Ă©tranger
    • et les avantages et les ressources reçus au cours d'un exercice comptable (sur une annĂ©e comptable) sont d'un montant supĂ©rieur Ă  15 300 €.

    La dĂ©claration doit avoir lieu dans les 3 mois suivant le dĂ©passement du seuil de 15 300 €.

     Ă€ noter

    Une fois le seuil dĂ©passĂ©, tout nouveau financement Ă©tranger reçu doit ĂȘtre dĂ©clarĂ© dans les 3 mois de sa perception jusqu’à la fin de l’exercice comptable.

     Exemple

    L’exercice comptable d'une association commence au 1er janvier de l’annĂ©e N.

    Au cours de l'année, elle reçoit :

    Le dernier financement de 10 000 € lui fait dĂ©passer le seuil de 15 300 €.

    À compter du 10 juillet, l'association a 3 mois pour dĂ©clarer tous les financements reçus (5000 €, 6000 € et 10 000 €) et qui l’ont conduit au dĂ©passement du seuil de dĂ©claration.

    À compter du 10 juillet, tout nouveau financement Ă©tranger reçu doit ĂȘtre dĂ©clarĂ© dans trois mois de sa perception jusqu’à la fin de l’exercice comptable.

    Engagements de financement perçus de maniÚre échelonnée dans le temps

    Une association peut bénéficier d'engagements de financement qui sont perçus de maniÚre échelonnée dans le temps. On parle de créances à exécution successives.

    Ces crĂ©ances doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©es pour leur totalitĂ© dans les 3 mois suivant le 1er jour de leur perception.

     Exemple

    Une association, sous contrĂŽle d’un organisme Ă©tranger, met gratuitement Ă  la disposition d'une autre association un ministre du culte pour une durĂ©e de 2 annĂ©es.

    Cet avantage, sur 2 annĂ©es, reprĂ©sente une valeur supĂ©rieure au seuil de dĂ©claration de 15 300 €.

    L'association bénéficiaire de cet avantage doit donc déclarer dans les 3 mois à compter du 1er jour de la mise à disposition du ministre du culte le montant total que représente cette mise à disposition accordée sur deux années.

      À savoir

    Il est possible d’effectuer la dĂ©claration d’un financement un an avant de recevoir effectivement la somme.

     Exemple

    Une association sait qu’elle va recevoir 20 000 € au 1er mars de l'annĂ©e N.

    Elle peut dĂ©clarer dans l’annĂ©e qui prĂ©cĂšde (N-1) cet avantage.

    Elle pourra ainsi sĂ©curiser cette opĂ©ration Ă  venir, qui interviendra alors qu’elle aura dĂ©jĂ  la rĂ©ponse de l’administration.

La déclaration des avantages et ressources et des donations établies par acte notarié est faite par l'organisme bénéficiaire (selon le cas, l'association, la congrégation ou l'établissement public du culte).

Le fait que l’association bĂ©nĂ©ficiaire dĂ©clare l’avantage, n’exonĂšre pas un organisme intermĂ©diaire de dĂ©clarer Ă©galement l’avantage si cet organisme est soumis aux obligations de dĂ©claration. 

La déclaration du legs provenant directement ou indirectement de l'étranger est faite par le notaire chargé de la succession.

 Ă€ noter

Lorsque le don est reçu par l'intermédiaire d'un organisme qui a bénéficié d'un financement étranger, cet organisme doit également déclarer l'avantage. Cette obligation ne concerne que les organismes soumis aux obligations de déclaration comme, par exemple, les associations exerçant le culte. 

 Exemple

Une association qui a pour objet d’aider d’autres associations Ă  exercer le culte, par la mise Ă  disposition de lieux de culte ou de ministres du culte, est une association soumise aux obligations de dĂ©claration des financements Ă©trangers.

Lorsqu’elle reçoit des avantages et des ressources en provenance de l’étranger, elle doit les dĂ©clarer.

L'association Ă  qui elle met Ă  disposition des avantages (subvention, actif, main-d’Ɠuvre
) financĂ©s directement ou indirectement depuis l’étranger est Ă©galement soumises aux obligations de dĂ©claration de ces avantages.

  • La dĂ©claration est faite au ministre de l'intĂ©rieur au moyen du tĂ©lĂ©service suivant :

    Service en ligne
    Déclaration de financement étranger en ligne

    AccĂ©der au service en ligne  

    MinistÚre chargé de l'intérieur

  • La libĂ©ralitĂ© (don fait par acte notariĂ© et leg figurant dans une succession) peut Ă©galement ĂȘtre dĂ©clarĂ©e par lettre recommandĂ©e avec demande d'avis de rĂ©ception (LRAR).

    La déclaration est à envoyer au ministÚre de l'intérieur et des outre-mer.

    OĂč s’adresser ?

    MinistÚre de l'intérieur et des outre-mer

    Direction des libertés publiques et des affaires juridiques

    Sous-direction des cultes et de la laïcité - Bureau central des cultes

    Place Beauvau

    75800 Paris Cedex 08

Lorsque la dĂ©claration porte sur un montant infĂ©rieur ou Ă©gal Ă  15 300 €, les informations demandĂ©es sont simplifiĂ©es.

Lorsque la dĂ©claration porte sur un montant supĂ©rieur Ă  15 300 €, les informations demandĂ©es sont plus dĂ©taillĂ©es. L'identitĂ© du contributeur et des personnes intervenant dans le financement et les conditions du financement devront, notamment, ĂȘtre prĂ©cisĂ©es.

  À savoir

Ces informations sont uniquement destinĂ©es Ă  l’administration et ne font l’objet d’aucune communication publique.

  • La dĂ©claration indique des informations portant sur l'association bĂ©nĂ©ficiaire :

    • Nom
    • Adresse du siĂšge social
    • Adresse Ă©lectronique
    • CoordonnĂ©es tĂ©lĂ©phoniques

    Les nom, prénom(s), adresse électronique et coordonnées téléphoniques du déclarant doivent aussi figurer.

    La nature (en espĂšce ou en nature), le montant et, Ă©ventuellement, la date prĂ©visionnelle de l'encaissement ou de l'acquisition des avantages et ressources provenant directement ou indirectement de l'Ă©tranger doivent ĂȘtre mentionnĂ©es.

  • La dĂ©claration comprend des informations sur la personne ayant accordĂ© le financement.

    Lorsque le financement fait intervenir un (ou plusieurs) intermĂ©diaire(s), les mĂȘmes informations le (ou les concernant) selon qu’il s’agit d’une personne physique ou d’une personne morale doivent ĂȘtre indiquĂ©es dans la dĂ©claration.

      • Nom
      • PrĂ©nom(s)
      • Date et lieu de naissance
      • NationalitĂ©(s)
      • Domicile
      • Adresse Ă©lectronique et coordonnĂ©es tĂ©lĂ©phoniques

      La déclaration doit aussi comporter une note expliquant les modalités d'octroi de l'avantage ou de la ressource, assortie d'une copie des actes ou contrats qui y sont relatifs.

      En cas de virement bancaire, le numĂ©ro de compte bancaire international (« numĂ©ro IBAN ») ou le numĂ©ro permettant l'identification du compte ayant rĂ©alisĂ© le virement doit ĂȘtre prĂ©cisĂ©.

      • DĂ©nomination ou raison sociale
      • Forme juridique
      • Adresse du siĂšge social
      • Adresse Ă©lectronique et les coordonnĂ©es tĂ©lĂ©phoniques

      La déclaration doit aussi comporter une note expliquant les modalités d'octroi de l'avantage ou de la ressource (précisant éventuellement le rÎle du ou des intermédiaires intervenant dans le financement), assortie d'une copie des actes ou contrats qui y sont relatifs.

      En cas de virement bancaire, le numĂ©ro de compte bancaire international (« numĂ©ro IBAN ») ou le numĂ©ro permettant l'identification du compte ayant rĂ©alisĂ© le virement doit ĂȘtre prĂ©cisĂ©.

Le silence de l'administration dans un délai de 2 mois vaut absence d'opposition s'agissant d'une procédure de déclaration.

Toutefois, si la complexité du dossier le nécessite, le ministre de l'intérieur peut prolonger ce délai pour une durée supplémentaire de 4 mois à compter de l'échéance du délai initial de 2 mois.

Au cours de la procédure, le ministre peut demander au déclarant des informations complémentaires nécessaires à l'instruction. Dans ce cas, il informe le déclarant de la prolongation des délais d'instruction.

Si, au terme de l'ensemble des délais, l'administration n'a pas répondu, elle n'a pas fait opposition au financement.

Examen de la déclaration par le ministre de l'intérieur

Lorsque le ministre de l'intérieur envisage de s'opposer à la perception de l'avantage, de la ressource ou de la libéralité, il en informe le déclarant par lettre recommandée avec demande d'avis de réception (LRAR).

Le dĂ©clarant dispose d'un dĂ©lai d'1 mois pour rĂ©pondre aux griefs prĂ©sentĂ©s par le ministre. À la fin de ce dĂ©lai ou Ă  compter de la date de rĂ©ception de la rĂ©ponse du dĂ©clarant, le ministre dispose d'un dĂ©lai d'1 mois pour dĂ©cider de s'opposer ou non.

En l'absence d'accord officiel, le silence gardé par le ministre vaut absence d'opposition.

À la demande du dĂ©clarant, le ministre de l'intĂ©rieur dĂ©livre une attestation de cette absence d'opposition.

Conséquence de l'opposition

Lorsque le ministre décide de s'opposer au bénéfice de l'avantage, de la ressource ou de la libéralité, il fait connaßtre sa décision motivée au déclarant par LRAR.

Dans les 2 mois suivants la décision d'opposition, le déclarant peut la contester en saisissant le ministre de l'intérieur (recours gracieux) ou en saisissant directement le juge (recours contentieux).

Dans les 3 mois au plus aprÚs la notification de la décision d'opposition, le déclarant fournit au ministre de l'intérieur tout élément permettant d'attester que l'avantage ou la ressource perçu a effectivement été restitué.

  À savoir

Le ministre peut s'opposer au bĂ©nĂ©fice du financement Ă©tranger lorsqu'il existe une menace rĂ©elle actuelle et suffisamment grave affectant un intĂ©rĂȘt fondamental de la sociĂ©tĂ©. Cette menace peut ĂȘtre due aux agissements du bĂ©nĂ©ficiaire de l'avantage, des personnes intervenues dans le financement, du contributeur, ou des dirigeants ou administrateurs de l'association.

La sanction dépend de la nature de l'infraction.

Non-respect de l'obligation de déclaration

Cette infraction est punie d'une amende de 3 750 €, dont le montant peut ĂȘtre portĂ© au quart de la somme sur laquelle a portĂ© l'infraction.

Une peine complĂ©mentaire de confiscation de la valeur des avantages et ressources concernĂ©s peut Ă©galement ĂȘtre prononcĂ©e par le juge.

Déclaration incomplÚte ou conservation de l'avantage ou de la ressource

Une amende de 3 750 € peut ĂȘtre prononcĂ© en cas de :

  • dĂ©claration incomplĂšte
  • demande de piĂšces ou informations complĂ©mentaires non produites dans les dĂ©lais
  • de conservation de l'avantage ou de la ressource.

Ce montant peut ĂȘtre portĂ© au quart de la somme sur laquelle a portĂ© l'infraction.

Une peine complĂ©mentaire de confiscation de la valeur des avantages et ressources concernĂ©s peut Ă©galement ĂȘtre prononcĂ©e par le juge.

Non-restitution du financement aprÚs opposition formée par le ministre

En cas d'absence de restitution du financement dans un dĂ©lai de 3 mois aprĂšs opposition formĂ©e par le ministre de l'intĂ©rieur, une peine de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende peut ĂȘtre prononcĂ©e.

Une peine complémentaire de confiscation des avantages et ressources concernés est possible.

Non-certification des comptes

Une personne morale de droit français ou une fiducie ayant servi d'intermĂ©diaire Ă  des financements Ă©trangers (hors libĂ©ralitĂ©s) d'un montant total annuel de plus de 15 300 €, doit faire certifier ses comptes.

En cas de non-respect de cette obligation, le dirigeant, l'administrateur, ou l'intermĂ©diaire qui intervient en opĂ©ration de fiducie (appelĂ© fiduciaire), est puni d'une peine de 9 000 € d'amende.

L’association qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© de plus de 50 000  €de financements Ă©trangers (hors libĂ©ralitĂ©s) au cours d’un exercice comptable est Ă©galement soumise Ă  une obligation de certification des comptes.

En cas de non-respect de cette obligation, le dirigeant ou l'administrateur d'une association encourt 9 000 € d'amende.