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Fiche pratique

Surendettement : rétablissement personnel avec liquidation judiciaire

Vérifié le 21/01/2021 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)

La procĂ©dure de rĂ©tablissement consiste Ă  effacer les dettes d'une personne surendettĂ©e lorsque sa situation financiĂšre est tellement dĂ©gradĂ©e qu'aucune autre solution n'est possible. Cette procĂ©dure est engagĂ©e par la commission de surendettement, avec l'accord du surendettĂ©. Elle est prononcĂ©e avec liquidation judiciaire (vente des biens) lorsque le surendettĂ© possĂšde un patrimoine pouvant ĂȘtre vendu.

Personnes concernées

Une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire est engagée par la commission de surendettement lorsque la situation du surendetté répond aux 2 conditions suivantes :

  • Il se trouve dans une situation irrĂ©mĂ©diablement compromise, c'est-Ă -dire qu'il est impossible de mettre en Ɠuvre les autres mesures de traitement du surendettement (plan conventionnel ou mesures imposĂ©es) pour amĂ©liorer sa situation financiĂšre.
  • Lui (ou, dans certains cas, son Ă©poux ou Ă©pouse) possĂšde des biens (bien immobilier ou meubles de valeur sans utilitĂ© particuliĂšre dans la vie quotidienne) dont la vente pourrait rembourser une partie des dettes.

  À savoir

dans le cas contraire (aucun bien ne peut ĂȘtre vendu), la commission engage une procĂ©dure sans liquidation judiciaire.

Biens ne pouvant pas ĂȘtre vendus

Certains biens ne peuvent pas ĂȘtre vendus. Il s'agit des biens suivants :

  • Biens nĂ©cessaires Ă  la vie courante
  • Biens sans valeur marchande et dont les frais de vente seraient disproportionnĂ©s par rapport au prix de vente
  • Biens non professionnels, mais indispensables pour travailler (voiture ou ordinateur par exemple)

Par conséquence, une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire est envisageable à la condition que le surendetté (ou son époux) possÚde d'autres biens que ceux-ci.

Accord préalable du surendetté

La commission de surendettement doit convoquer le surendetté et obtenir son accord avant d'engager une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire.

L'absence du surendetté aux convocations de la commission vaut refus.

 Ă€ noter

sans l'accord du surendetté, la commission reprend sa mission de chercher une solution au surendettement (plan conventionnel de redressement ou mesures imposées).

Une fois l'accord du surendetté obtenu, la commission saisit le juge du tribunal judiciaire pour l'ouverture de la procédure.

La commission informe le surendetté et ses créanciers que le juge est saisi.

Audience d'ouverture

Le surendetté et ses créanciers sont convoqués à l'audience d'ouverture par lettre recommandée avec accusé de réception (la personne surendettée reçoit en outre une lettre simple), au moins 1 mois avant la date d'audience.

Lors de l'audience, le juge entend le surendetté et ses créanciers.

Il évalue la situation irrémédiablement compromise et la bonne foi du surendetté.

S'il constate que ces 2 conditions sont réunies, le juge prononce l'ouverture de la procédure. Le jugement d'ouverture est alors publié au Bodacc.

Le juge peut également désigner un mandataire, qui sera chargé d'établir un bilan de la situation économique et sociale du surendetté.

Conséquences du jugement d'ouverture

Une fois le jugement d'ouverture prononcé par le juge :

Bilan économique et social

À partir du jugement d'ouverture, le mandataire a 6 mois pour dresser le bilan Ă©conomique et social de la personne surendettĂ©e.

Ce bilan se compose d'un état des créances, et éventuellement d'une proposition de plan (mesures imposées).

Une fois établi, ce bilan est envoyé au surendetté et aux créanciers en recommandé avec accusé de réception. Il est remis ou envoyé au greffe du tribunal par lettre simple.

Il est possible de contester le bilan économique et social réalisé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au greffe du tribunal, au plus tard 15 jours avant l'audience de liquidation.

Audience de liquidation

Le greffe du tribunal convoque le surendetté et les créanciers à l'audience du jugement de liquidation.

Lors de cette audience, le juge statue sur les éventuelles contestations portant sur le bilan économique et social dressé par le mandataire et fixe les créances.

Il peut alors :

  • Soit prononcer la liquidation judiciaire du patrimoine du surendettĂ© et dĂ©signer un liquidateur chargĂ© de la vente amiable ou forcĂ©e des biens du surendettĂ© dans les 12 mois
  • Soit prononcer la clĂŽture de la procĂ©dure pour insuffisance d'actif (si aucun bien ne peut ĂȘtre vendu)
  • Soit Ă©tablir le plan (mesures imposĂ©es) proposĂ© par le mandataire, si le juge estime que le la liquidation judiciaire peut ĂȘtre Ă©vitĂ©e

Ce jugement peut ĂȘtre contestĂ© en appel.

Vente des biens

Le liquidateur élabore d'abord un projet de distribution du produit de la vente entre les différents créanciers.

Cette rĂ©partition peut ĂȘtre contestĂ©e par les crĂ©anciers. La contestation et les piĂšces justificatives doivent ĂȘtre adressĂ©es au liquidateur par lettre recommandĂ©e avec demande d'avis de rĂ©ception dans les 15 jours suivants la notification du projet.

Sans contestation dans les délais, le projet est homologué par le juge et le liquidateur procÚde alors à la vente des biens.

Jugement de clĂŽture

À la fin de la vente des biens, et selon le montant obtenu, le juge rend un jugement de clîture :

  • pour extinction du passif lorsque la vente du patrimoine a permis d'Ă©ponger toutes les dettes
  • ou pour insuffisance d'actif (dans tous les autres cas).

Conséquences

Fichier des incidents de paiement

Le surendetté est inscrit au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) pendant 5 ans à partir du jugement de clÎture.

Effacement des dettes

La décision du juge (jugement de clÎture) entraßne l'effacement de toutes les dettes non professionnelles.

Certaines dettes ne sont par contre pas effacĂ©es. Il s'agit des dettes payĂ©es par la caution du surendettĂ© si cette caution est un particulier (exemple : caution d'un locataire). Il s'agit Ă©galement des dettes alimentaires (pension alimentaire notamment), des amendes pĂ©nales et des dommages et intĂ©rĂȘts allouĂ©s Ă  une victime.

 Ă€ noter

l'effacement d'une dette venant d'un chÚque impayé vaut régularisation, c'est-à-dire le droit d'utiliser de nouveau son chéquier.