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Fiche pratique

Congé de reclassement

Vérifié le 01/05/2023 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)

Lorsqu'une entreprise d'au moins 1 000 salariés envisage un licenciement pour motif économique, elle doit proposer à chaque salarié concerné un congé de reclassement. Ce congé est d'une durée variable. Il a pour objet de permettre au salarié de bénéficier d'actions de formation et de l'aide d'une cellule d'accompagnement des démarches de recherche d'emploi.

Le congé de reclassement est proposé à tout salarié d'une entreprise ou d'un établissement d'au moins 1 000 salariés menacé de licenciement pour motif économique.

L'employeur n'est pas obligé de proposer le congé de reclassement si l'entreprise est en redressement ou liquidation judiciaire.

Information préalable

L'employeur doit informer tout salariĂ© pouvant ĂȘtre licenciĂ© pour motif Ă©conomique des conditions de mise en Ɠuvre du congĂ© de reclassement.

Cette information est effectuée :

  • Soit lors de l'entretien prĂ©alable du salariĂ©, lorsque le licenciement concerne moins de 10 salariĂ©s sur une pĂ©riode de 30 jours
  • Soit lors de la derniĂšre rĂ©union du comitĂ© social et Ă©conomique (CSE), lorsque le licenciement concerne au moins 10 salariĂ©s sur une pĂ©riode de 30 jours

Proposition du congé

L'employeur doit proposer au salarié le congé de reclassement dans la lettre de licenciement.

Le salarié dispose d'un délai de 8 jours calendaires, à compter de la notification de la lettre de licenciement, pour répondre.

L'absence de réponse dans ce délai équivaut à un refus du salarié.

Si le salarié accepte le congé de reclassement, celui-ci débute à l'expiration du délai de réponse de 8 jours (le salarié n'effectue pas alors de préavis).

 Ă€ noter

si l'employeur ne propose pas ce congé, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir une indemnisation.

Entretien d'évaluation et d'orientation

Lorsque le salarié accepte le bénéfice du congé de reclassement, un entretien d'évaluation et d'orientation est accompli par la cellule d'accompagnement.

Cet entretien vise Ă  dĂ©terminer le projet professionnel de reclassement du salariĂ© et sa mise en Ɠuvre.

À la fin de l'entretien, la cellule d'accompagnement remet Ă  l'employeur et au salariĂ© un document prĂ©cisant le contenu et la durĂ©e des actions nĂ©cessaires en vue de favoriser le reclassement.

Le salarié dispose d'un délai de 8 jours calendaires, à compter de sa présentation, pour le signer.

L'absence de signature à la fin de ce délai vaut refus du congé. Dans ce cas, l'employeur notifie au salarié la fin du congé de reclassement par lettre recommandée avec accusé de réception.

Accompagnement du salarié pendant le congé

Le salarié bénéficie de l'aide d'une cellule d'accompagnement des démarches de recherche d'emploi et d'actions de formation destinées à favoriser le reclassement professionnel.

Le congé débute, si nécessaire, par un bilan de compétences. Le salarié peut bénéficier d'une validation des acquis de son expérience (VAE). L'employeur finance l'ensemble de ces actions.

Le salarié doit suivre les actions définies dans le document qu'il a signé. Il participe aux actions organisées par la cellule d'accompagnement.

Si le salarié ne respecte ses obligations, l'employeur peut mettre fin au congé de reclassement.

Suspension du congé

Le congé est suspendu durant chaque période de travail effectué par le salarié. Il peut travailler pour le compte de tout employeur (sauf pour un particulier).

Le salarié signe, pour chaque période de travail, soit un CDD renouvelable 1 fois, soit un contrat de travail temporaire.

Le congé reprend à la fin de chaque période de travail.

L'employeur peut prévoir un report du terme prévu du congé.

Ce report doit ĂȘtre compris dans la limite de la durĂ©e des pĂ©riodes de travail effectuĂ©es durant le congĂ©.

En cas de nouvelle embauche pendant le congé de reclassement

Si le salarié retrouve un emploi pendant son congé, il doit en informer son employeur avant son embauche, par lettre avec accusé de réception, en précisant la date à laquelle prendra effet son nouvel emploi.

L'employeur, aprĂšs consultation des reprĂ©sentants du personnel, fixe la durĂ©e du congĂ© de reclassement. Cette durĂ©e est comprise entre 4 et 12 mois (ou moins de 4 mois, si le salariĂ© est d'accord). Si le salariĂ© suit une formation de reconversion professionnelle, la durĂ©e du congĂ© de reclassement peut ĂȘtre portĂ©e Ă  24 mois (au lieu de 12 mois).

Si le salariĂ© suit une action de formation ou de VAE, la durĂ©e du congĂ© de reclassement ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure Ă  la durĂ©e de ces actions, dans la limite de 12 mois.

Le congé de reclassement est pris pendant le préavis, que le salarié est dispensé d'exécuter. Si la durée du congé de reclassement excÚde la durée du préavis, le terme du préavis est reporté jusqu'à la fin du congé.

  • Pendant la pĂ©riode de congĂ© correspondant Ă  la durĂ©e du prĂ©avis, l'employeur verse la rĂ©munĂ©ration habituelle du salariĂ©.

    Si la durée du congé dépasse le préavis, le salarié perçoit pendant cette période une allocation mensuelle. Son montant est au moins égal à 65 % de la rémunération brute moyenne des 12 derniers mois précédant la notification du licenciement.

    L'allocation ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure Ă  1 485,12 €, soit 85 % du Smic.

    Si le salarié a travaillé à temps partiel durant un congé parental d'éducation ou de paternité ou de proche aidant au cours des 12 derniers mois avant le début du congé de reclassement, sa rémunération est calculée sur la base de d'un temps complet.

    L'allocation est exonérée de cotisations et contributions sociales. Elle est toutefois soumise aux prélÚvements sociaux (à la CSG à un taux de 6,20 % et à la CRDS à un taux de 0,5 %).

    L'employeur remet chaque mois un bulletin précisant le montant et le mode de calcul de cette rémunération.

  • Pendant la pĂ©riode de congĂ© correspondant Ă  la durĂ©e du prĂ©avis, l'employeur verse la rĂ©munĂ©ration habituelle du salariĂ©.

    Si la durée du congé dépasse le préavis, le salarié perçoit pendant cette période une allocation mensuelle. Son montant est au moins égal à 65 % de la rémunération brute moyenne des 12 derniers mois précédant la notification du licenciement.

    L'allocation ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure Ă  1 485,12 €, soit 85 % du Smic.

    L'allocation est exonérée de cotisations et contributions sociales. Elle est toutefois soumise aux prélÚvements sociaux (à la CSG à un taux de 6,20 % et à la CRDS à un taux de 0,5 %).

    L'employeur remet chaque mois un bulletin précisant le montant et le mode de calcul de cette rémunération.