Question-réponse
Que faire en cas de discrimination ?
Vérifié le 27/11/2020 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre), MinistÚre chargé de la justice
La discrimination vise Ă dĂ©favoriser une personne pour des motifs interdits par la loi. Par exemple l'origine, le sexe, l'Ăąge, l'orientation sexuelle, les convictions politiques, philosophiques ou religieuses. La discrimination fondĂ©e sur un de ces motifs est sanctionnĂ©e par la loi pĂ©nale En tant que victime, vous pouvez demander Ă la justice de condamner l'auteur de la discrimination Ă une sanction pĂ©nale et Ă vous verser des dommages et intĂ©rĂȘts.
Toute distinction ou différence de traitement est interdite si elle est fondée sur l'un des motifs suivants :
- Origine
- Sexe
- Situation de famille
- Grossesse
- Apparence physique
- Vulnérabilité particuliÚre liée à la situation économique
- Nom
- Lieu de résidence
- Ătat de santĂ©
- Perte d'autonomie
- Handicap
- Caractéristiques génétiques
- MĆurs
- Orientation sexuelle
- Identité de genre
- Ăge
- Opinions politiques
- Activités syndicales
- Qualité de lanceur d'alerte
- Qualité de facilitateur de lanceur d'alerte ou de personne en lien avec un lanceur d'alerte
- Langue parlée (capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français)
- Ethnie : appartenance ou non-appartenance vraie ou supposée
- Nation : appartenance ou non-appartenance vraie ou supposée
- Race prétendue : appartenance ou non-appartenance
- Religion : croyance ou appartenance ou non-appartenance
La discrimination est directe lorsqu'elle est nettement visible, voire affichée ou revendiquée. Par exemple, si une annonce d'emploi refuse les femmes avec enfants.
La discrimination peut ĂȘtre indirecte lorsque des mesures apparemment neutres dĂ©favorisent, de fait, de façon importante, une catĂ©gorie de personnes. Par exemple, si une banque n'accepte que la carte d'identitĂ© française comme justificatif d'identitĂ©, ce qui discrimine les Ă©trangers.
La discrimination peut porter, par exemple, sur l'accĂšs aux droits suivants :
- Recrutement
- AccĂšs au logement
- Ăducation : conditions d'inscription, d'admission, d'Ă©valuation
- AccÚs aux services : boßte de nuit, restaurant, bùtiment public, crédit...
Si vous ĂȘtes victime de discrimination et que votre situation nĂ©cessite une intervention urgente des forces de l'ordre, vous pouvez alerter la police ou la gendarmerie.
En cas d'urgence, et uniquement dans cette situation, il est possible d'alerter la police ou la gendarmerie par appel tĂ©lĂ©phonique, ou par SMS, si vous ĂȘtes dans l'incapacitĂ© de parler.
-
En cas d'urgence, lorsqu'une intervention rapide est nécessaire, vous pouvez appeler la police-secours. Composez le 17.
Vous pouvez également contacter le 112.
OĂč sâadresser ?
Par téléphone
Composez le 17 en cas d'urgence concernant un accident de la route, un trouble à l'ordre public ou une infraction pénale. Une équipe de policiers ou de gendarmes se rendra sur les lieux.
Vous pouvez aussi composer le 112. Vous serez alors orienté vers le bon service selon votre cas. Le 112 est utilisable dans tous les pays de l'Union européenne.
Si la situation ne relÚve pas d'une urgence, composez le numéro de votre commissariat ou de votre brigade de gendarmerie.
112
Numéro d'urgence à utiliser pour un appel depuis un pays européen ou depuis un téléphone mobile
24h/24h et 7j/7
Appel gratuit
-
Le 114 est le service relais des appels d'urgence si vous ĂȘtes dans l'impossibilitĂ© de parler au tĂ©lĂ©phone (sourds, malentendants ...) ou si cela risque de vous mettre en danger.
OĂč sâadresser ?
Par SMS au 114
Accessible gratuitement 24h/24, 7 jours/7
Par l'application mobile urgence 114 ou le site internet www.urgence114.fr
Accessible gratuitement 24h/24, 7 jours/7
Contact possible via :
- Visiophonie : Je communique en langue des signes
- Tchat : Je communique par écrit
- Voix / Retour texte : Je parle et le 114 me répond par écrit (ou l'inverse)
Une messagerie instantanĂ©e (chat) vous permet de dialoguer avec un fonctionnaire de police ou un militaire de la gendarmerie. Ă tout moment, l'historique de discussion pourra ĂȘtre effacĂ© de votre ordinateur, tĂ©lĂ©phone portable ou tablette.
Service en ligne
Signaler une discrimination
MinistÚre chargé de l'intérieur
Vous pouvez saisir le Défenseur des droits.
-
Service en ligne
Saisir en ligne le Défenseur des droitsDéfenseur des droits
-
Vous pouvez prendre rendez-vous avec un délégué du Défenseur des droits.
OĂč sâadresser ?
-
OĂč sâadresser ?
Par téléphone (information générale)
09 69 39 00 00
Coût d'un appel local
Du lundi au vendredi de 8h Ă 20h
Par courrier (pour saisir le Défenseur des droits) Par courrier gratuit, sans affranchissement
Défenseur des droits
Libre réponse 71120
75342 Paris cedex 07
Attention : joindre à votre courrier les photocopies des piÚces relatives à votre saisine.
Par messagerie
AccĂšs au formulaire de contact
La saisine du défenseur des droit peut aboutir à 3 solutions :
- Une médiation : désigné par le Défenseur des droits, le médiateur entend les personnes concernées. La médiation ne peut excéder 3 mois renouvelable 1 fois
- Une transaction : le DĂ©fenseur des droits propose Ă l'auteur des faits une ou plusieurs sanctions (versement d'une amende, indemnisation de la victime, publicitĂ© des faits). En cas d'accord, la transaction doit ĂȘtre validĂ©e par le procureur de la RĂ©publique
- Une action en justice : si le Défenseur des droits a connaissance de faits de nature à constituer une infraction ou si l'auteur refuse la transaction, le Défenseur des droits saisit le procureur de la République
Attention :
la seule saisine du Défenseur des droits ne suspend pas les délais de prescription devant la justice. Le délai pour porter plainte reste limité à 6 ans.
Vous pouvez porter plainte sur place ou par courrier dans un délai de 6 ans aprÚs les faits.
- Sur place
- Par courrier
Vous pouvez vous adresser Ă un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie de votre choix.
OĂč sâadresser ?
La rĂ©ception de la plainte ne peut pas vous ĂȘtre refusĂ©e.
La plainte est transmise au procureur de la République par la police ou la gendarmerie.
Vous pouvez porter plainte auprÚs du procureur de la République.
Pour cela, vous devez envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.
OĂč sâadresser ?
Votre courrier doit préciser les éléments suivants :
- Votre état civil et vos coordonnées complÚtes (adresse et numéro de téléphone)
- Récit détaillé des faits, date et lieu de l'infraction
- Nom de l'auteur supposé si vous le connaissez (sinon, la plainte sera déposée contre X)
- Noms et adresses des éventuels témoins de l'infraction
- Description et estimation provisoire ou définitive du préjudice
- Vos documents de preuve : certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, factures diverses, constats...
- Votre éventuelle volonté de vous constituer partie civile
Vous pouvez utiliser le modÚle de courrier suivant :
ModĂšle de document
Porter plainte auprÚs du procureur de la République
Accéder au modÚle de document
Direction de l'information légale et administrative (Dila) - PremiÚre ministre
Vous pouvez envoyer votre plainte en lettre recommandée avec accusé de réception, par lettre simple ou par lettre suivie.
Vous pouvez aussi déposer votre plainte directement à l'accueil du tribunal.
Dans tous les cas, un récépissé vous est remis dÚs que les services du procureur de la République ont enregistré votre plainte.
La présence d'un avocat n'est pas obligatoire pour le dépÎt de plainte et pendant toute la durée de la procédure jusqu'au procÚs devant le tribunal correctionnel.
Si la discrimination a été commise dans un cadre professionnel (refus d'une promotion, licenciement abusif, discrimination à l'embauche...), vous pouvez saisir :
- Le conseil des prud'hommes pour le secteur privé
- Le tribunal administratif pour le secteur public. Vous pouvez également bénéficier de la protection fonctionnelle
Ă noter
la personne qui dĂ©nonce des discriminations, sans les subir pour autant elle-mĂȘme, ne doit pas faire l'objet de sanctions professionnelles.
- Cas général
- Discrimination dans une administration
L'auteur des faits risque une peine pouvant aller jusqu'à  3 ans de prison et 45 000 ⏠d'amende.
Pour obtenir réparation du préjudice, vous pouvez en tant que victime vous constituer partie civile.
Si l'auteur est un agent public (dans une mairie, une préfecture, à PÎle emploi...) et a commis les faits dans le cadre de ses fonctions, les peines peuvent aller jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 ⏠d'amende.
Pour obtenir réparation du préjudice, vous pouvez en tant que victime vous constituer partie civile.
-
Code pénal : articles 225-1 à 225-4
Cas de discrimination et sanctions pénales
-
Code du travail : article L1132-1
Discrimination dans le travail
-
Code du travail : articles L1133-1 et L1133-6
Inégalités de traitement autorisées dans le secteur privé
-
Sanctions pénales pour un agent public
Questions ? Réponses !
Et aussi
-
Justice
-
Justice
Pour en savoir plus
-
Services dâaide aux victimes
MinistÚre chargé de la justice