Fiche pratique
Centre de rétention administrative (CRA)
Vérifié le 16/03/2022 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)
La rĂ©tention administrative permet de maintenir dans un lieu fermĂ© (centre de rĂ©tention administrative) un Ă©tranger qui fait l'objet d'une dĂ©cision d'Ă©loignement, dans l'attente de son renvoi forcĂ©. La rĂ©tention est dĂ©cidĂ©e par l'administration. Elle peut ĂȘtre prolongĂ©e par le juge quand le dĂ©part immĂ©diat de l'Ă©tranger est impossible. Elle est limitĂ©e Ă 90 jours (sauf en cas d'activitĂ©s terroristes). L'Ă©tranger retenu dispose de certains droits et peut recevoir l'aide d'associations.
La rétention administrative consiste à maintenir dans un lieu fermé un étranger qui ne peut pas quitter immédiatement la France.
Il ne peut pas ĂȘtre retenu plus de 48 heures.
Ces lieux sont les suivants :
- Centre de rétention administrative (CRA), gardé par la police
- Local de rétention généralement situé dans un commissariat de police
Vous pouvez ĂȘtre placĂ© en rĂ©tention si vous ĂȘtes concernĂ© par une des dĂ©cisions suivantes :
- Obligation de quitter la France (OQTF) de moins d'1 an
- Interdiction administrative de retour du territoire français (IRTF)
- Décision d'expulsion
- Interdiction judiciaire du territoire français (ITF)
- Mesure d'éloignement dans le cadre de l'Union européenne
Vous ĂȘtes Ă©galement concernĂ© si vous ĂȘtes dans l'une des situations suivantes :
- Vous n'avez pas quitté la France dans les 7 jours aprÚs la fin d'un 1er placement en rétention
- Vous ĂȘtes revenu en France malgrĂ© une mesure d'Ă©loignement
Attention :
cette procédure ne concerne pas un étranger ressortissant d'un pays européen, ni les membres de sa famille vivant en France avec lui.
Décision initiale
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La décision initiale de placement en rétention est prise par le préfet. Elle prend en compte votre état de vulnérabilité et tout handicap. Sa durée est de 48 heures.
Elle a lieu aprÚs votre interpellation par la police (éventuellement à la suite d'une mesure de retenue pour vérification du droit au séjour).
Il s'agit d'une dĂ©cision Ă©crite et argumentĂ©e. Elle doit vous ĂȘtre notifiĂ©e.
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La décision initiale de placement en rétention est prise par le préfet. Elle prend en compte votre état de vulnérabilité et tout handicap. Sa durée est de 48 heures.
Elle a lieu Ă la fin de votre emprisonnement.
Il s'agit d'une dĂ©cision Ă©crite et argumentĂ©e. Elle doit vous ĂȘtre notifiĂ©e.
Ă savoir
si vous avez déjà été placé en rétention, la nouvelle décision de placement doit intervenir au minimum 7 jours aprÚs la fin de votre précédente rétention.
1re prolongation
Si votre Ă©loignement n'a pas pu intervenir dans les 48 heures aprĂšs votre placement en rĂ©tention, celle-ci peut ĂȘtre prolongĂ©e une 1re fois de 28 jours francs.
Le prĂ©fet doit alors saisir le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention (JLD). Le juge a 48 heures pour statuer. Il vous auditionne (ou votre avocat si vous en avez un). Le prĂ©fet est Ă©galement auditionnĂ©. Un interprĂšte peut ĂȘtre prĂ©sent.
Le juge peut prolonger ou refuser la prolongation.
Il peut aussi décider, à titre exceptionnel, que vous serez assigné à résidence.
2e prolongation
Le préfet peut demander au JLD une 2e prolongation de 30 jours francs dans les cas suivants :
- Urgence absolue (exemple : risque de fuite)
- Menace particuliĂšre grave pour l'ordre public
- Renvoi impossible dans les cas suivants :
Le juge peut soit ordonner la prolongation de la rétention, soit la refuser.
Ă noter
Ă titre exceptionnel, la rĂ©tention d'un Ă©tranger interdit de territoire pour terrorisme ou frappĂ© d'un arrĂȘtĂ© d'expulsion pour activitĂ©s terroristes peut ĂȘtre prolongĂ©e pour 1 mois. De nouvelles prolongations peuvent avoir lieu pour 6 mois maximum.
Prolongations supplémentaires
Le prĂ©fet peut demander au JLD une nouvelle prolongation de 15 jours francs si, dans les 15 derniers jours de rĂ©tention, vous ĂȘtes dans l'une des situations suivantes :
- Obstruction à l'exécution d'office de la mesure d'éloignement
- Présentation dans le seul but de faire échec à la mesure d'éloignement, d'une demande de protection contre l'éloignement en raison de votre état de santé
- Présentation d'une demande d'asile
- Non exécution de la mesure d'éloignement en raison de l'absence de délivrance des documents de voyage par votre consulat (cette délivrance doit intervenir à bref délai)
La demande a lieu avant la fin du délai de 30 jours.
Une prolongation de 15 jours francs peut ĂȘtre demandĂ©e au JLD si, dans les 15 derniers jours de rĂ©tention, vous avez compromis l'exĂ©cution de la mesure d'Ă©loignement pour les mĂȘmes raisons.
La rétention peut donc durer 90 jours au total (ou jusqu'à 210 jours en cas d'activités terroristes).
Droit Ă un avocat
Vous avez droit à un avocat dÚs votre arrivée en rétention.
OĂč sâadresser ?
Ă savoir
vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour payer votre avocat.
Droit à un médecin
Vous pouvez demander Ă ĂȘtre examinĂ© par un mĂ©decin de l'unitĂ© mĂ©dicale du centre de rĂ©tention.
Au besoin, il assurera votre prise en charge médicale durant la rétention.
Communication avec l'extérieur
Vous pouvez librement communiquer avec l'extérieur.
Vous pouvez recevoir des visites aux heures prévues par le lieu de rétention.
Vous avez notamment le droit de communiquer avec vos proches et le consulat de votre pays d'origine.
OĂč sâadresser ?
Le centre de rétention doit disposer d'un téléphone en libre accÚs pour 50 étrangers retenus.
Un téléphone portable personnel pouvant prendre des photos est interdit.
Aide de l'administration
Des agents de l'Ofii présents sur place peuvent vous apporter des informations et vous aider à préparer votre départ (récupération des bagages, formalités administratives, etc.).
Vous pouvez aussi demander aux agents de l'Ofii l'Ă©valuation de votre Ă©tat de vulnĂ©rabilitĂ©. Elle peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par le mĂ©decin de l'unitĂ© mĂ©dicale du centre de rĂ©tention.
Les résultats de cette évaluation peuvent amener l'agent de l'Ofii et le médecin à formuler un avis concernant l'adaptation des conditions de votre rétention.
Cet avis peut également porter sur votre maintien en rétention s'il est incompatible avec votre état de vulnérabilité.
Aide d'associations
Certaines associations assurent des permanences juridiques dans les lieux de rétention.
Ces associations aident les étrangers durant la procédure d'éloignement.
La présence d'une seule permanence juridique est autorisée par centre ou local de rétention.
D'autres associations peuvent intervenir pour défendre les droits des étrangers ou pour une assistance médicale ou sociale.
Ces associations sont Forum Réfugiés-Cosi et et France Terre d'Asile.
OĂč sâadresser ?
Information
DÚs votre arrivée en rétention, vous recevez un document vous rappelant l'ensemble de vos droits.
Ce document doit ĂȘtre traduit par un interprĂšte si vous le demandez.
Appel
Vous pouvez contester l'ordonnance du juge des libertés et de la détention (JLD) devant le 1er président de la cour d'appel.
L'appel doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 24 heures aprĂšs :
- le prononcé de l'ordonnance (son annonce par le JLD), si vous étiez présent à l'audience,
- la notification de l'ordonnance, si vous étiez absent.
Le 1er président de la cour d'appel doit statuer dans les 48 heures suivant sa saisine.
L'appel n'est pas suspensif : vous restez en rétention durant la procédure.
OĂč sâadresser ?
Ă noter
vous pouvez aussi saisir le JLD à tout moment pour demander votre libération si de nouvelles circonstances nécessitant la fin de votre rétention apparaissent.
Cassation
L'ordonnance du 1er président de la cour d'appel peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation.
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Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles L741-1 Ă L741-5Â
Placement en rétention
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Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L742-1 à L742-3
Saisine du juge des libertés et de la détention
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Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L742-4 à L742-7
Nouvelle saisine du juge des libertés et de la détention afin de prolonger la rétention
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Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : article L744-1 Ă L744-17Â
Conditions de la rétention
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Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R741-1 à R741-2
Autorité compétente
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Code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile : articles R743-1 Ă R743-9Â
Prolongation de la rétention par le juge des libertés et de la détention
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Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R743-10 à R743-20
Contestation de la décision de placement en rétention par l'étranger
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Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R744-1 à R744-15
Centres de rétention
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Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R744-16 à R744-21
Droits des étrangers retenus
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Associations humanitaires ayant accÚs aux lieux de rétention.