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Fiche pratique

Médiateur civil

Vérifié le 24/02/2023 - Direction de l'information légale et administrative (PremiÚre ministre)

Le mĂ©diateur civil est une personne indĂ©pendante chargĂ©e de trouver une solution amiable Ă  des litiges civils : conflit de voisinage, litige entre propriĂ©taire et locataire, etc. La loi rend obligatoire le recours Ă  la mĂ©diation dans certains litiges. Le juge peut aussi dĂ©cider d'imposer la mĂ©diation aux parties dans les cas oĂč il l'estime nĂ©cessaire. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Le médiateur intervient dans divers litiges civils de la vie quotidienne. Exemples :

  • Conflit de voisinage
  • Litige entre propriĂ©taire et locataire
  • ImpayĂ©s
  • Litiges de la consommation

Il doit aider les parties Ă  trouver elles-mĂȘmes une solution Ă  l'amiable. Son intervention permet donc d'Ă©viter un procĂšs.

Contrairement au conciliateur de justice, le mĂ©diateur ne dispose pas de pouvoirs d'enquĂȘte. Toutefois, pour les besoins de la mĂ©diation, il peut entendre des tiers consentants avec l'accord des parties.

La médiation civile est différente de la médiation pénale.

 Attention :

la médiation n'est pas proposée aux époux en conflit lorsqu'il y a des allégations de violence conjugale ou d'emprise morale et psychologique.

Les mĂ©diateurs en matiĂšre familiale, civile, sociale et commerciale inscrits sur les listes des cours d’appel figurent sur les sites des cours d'appel :

OĂč s’adresser ?

Médiation obligatoire ou facultative

  • Il n'y a pas d'obligation de recourir Ă  la mĂ©diation avant d'intenter une action en justice.

  • La situation varie suivant le lieu de la juridiction compĂ©tente pour le litige.

    • Il n'y a pas d'obligation de recourir Ă  la mĂ©diation avant de demander une modification des dĂ©cisions et conventions homologuĂ©es fixant les modalitĂ©s de l'exercice de l'autoritĂ© parentale.

    • À titre expĂ©rimental, une tentative de mĂ©diation est obligatoire avant toute demande de modification des dĂ©cisions et conventions homologuĂ©es fixant les modalitĂ©s de l'exercice de l'autoritĂ© parentale.

      Toutefois, cette obligation ne s'applique pas si des violences ont été commises sur un parent ou sur l'enfant.

À la demande du juge

Le médiateur civil intervient à la demande d'un juge saisi d'un litige pour lequel la médiation semble possible et souhaitable.

À tout stade de la procĂ©dure, le juge peut imposer aux parties, y compris en rĂ©fĂ©rĂ©, de rencontrer un mĂ©diateur qu'il dĂ©signe.

Le litige peut relever de la compétence du tribunal judiciaire ou du tribunal de proximité.

La médiation ne dessaisit pas le juge chargé de l'affaire. Ce dernier peut intervenir à tout moment de la procédure, y compris en référé (par exemple, pour faire cesser des travaux).

Durée de la médiation

Le juge fixe la durée de la médiation et indique la date à laquelle l'affaire sera rappelée à l'audience.

La durĂ©e initiale de la mĂ©diation ne peut pas excĂ©der 3 mois. Cette mission peut ĂȘtre renouvelĂ©e une fois, pour une mĂȘme durĂ©e, Ă  la demande du mĂ©diateur.

Le juge peut mettre fin à la médiation, à tout moment, sur demande d'une partie ou du médiateur. Il peut également y mettre fin d'office lorsque le bon déroulement de la médiation paraßt compromis (par exemple, si les parties n'arrivent pas à s'entendre).

Le juge est libre de fixer les modalités d'exécution de la médiation.

La situation varie suivant que l'accord est signé par les avocats de toutes les parties ou non.

  • Une des parties peut demander au greffe de la juridiction compĂ©tente pour le litige d'apposer la formule exĂ©cutoire sur l'accord de mĂ©diation signĂ© par les avocats de toutes les parties.

    Si le greffe appose la formule exécutoire sur l'accord, cela lui confÚre la force exécutoire.

    L'accord peut alors ĂȘtre exĂ©cutĂ© comme un jugement par un commissaire de justice (auparavant huissier de justice).

  • Le mĂ©diateur informe le juge du succĂšs de sa mission.

    L'affaire revient devant le juge. Ce dernier décide alors d'homologuer ou non l'accord :

    • S'il est homologuĂ©, l'affaire est terminĂ©e et l'accord acquiert la force exĂ©cutoire. C'est-Ă -dire qu'il doit ĂȘtre appliquĂ© par les parties comme n'importe quel jugement. Par exemple, une partie doit verser une indemnisation Ă  l'autre.
    • Si le juge n'homologue pas l'accord (par exemple, s'il est contraire Ă  la loi), l'affaire est jugĂ©e normalement dans le cadre d'un procĂšs.

Le médiateur informe le juge de l'échec de sa mission.

L'affaire revient devant le juge et elle est jugée comme une affaire classique.

Le recours à un médiateur est payant.

La rémunération du médiateur est fixée à la fin de sa mission, en accord avec les parties.

Mais le juge prévoit souvent une provision à valoir sur la rémunération du médiateur.

Dans ce cas, le juge doit fixer le montant de la provision et dĂ©signer la ou les parties qui doivent verser la provision, et indiquer dans quel le dĂ©lai le versement doit ĂȘtre effectuĂ©.

La provision sera déduite du montant total de la médiation.

Détermination du coût de la médiation

Le médiateur doit fournir aux parties, dÚs le début de la médiation, toutes les informations qui peuvent leur permettre d'avoir une idée approximative du coût total de ses services.

Si à la fin de la mission les parties ne trouvent pas un accord avec le médiateur sur sa rémunération, c'est le juge qui fixe la rémunération du médiateur.

Lorsque le juge envisage de fixer un montant inférieur à celui demandé par le médiateur, il doit l'inviter à formuler ses observations avant de prendre sa décision.

Répartition du coût de la médiation entre les parties

Les parties doivent se mettre d'accord entre elles pour répartir le coût de la médiation.

Si les parties ne parviennent pas Ă  se mettre d'accord sur une rĂ©partition, les frais doivent ĂȘtre rĂ©partis entre elles Ă  parts Ă©gales.

Mais si le juge estime qu'une telle rĂ©partition n'est pas Ă©quitable, il peut fixer lui-mĂȘme la rĂ©partition entre les parties, en fonction de la situation Ă©conomique de chacune d'elles.

Le mĂ©diateur civil peut ĂȘtre :

  • une personne physique
  • ou une personne morale (par exemple, association) reprĂ©sentĂ©e par une personne physique.

Cette personne doit remplir les conditions suivantes :

  • Ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation, incapacitĂ© ou dĂ©chĂ©ance inscrite au bulletin n°2 de son casier judiciaire
  • Ne pas avoir commis de faits contraires Ă  l'honneur, Ă  la probitĂ© et aux bonnes mƓurs
  • Disposer de la qualification requise eu Ă©gard au domaine dans lequel il est appelĂ© Ă  intervenir
  • Justifier de capacitĂ©s acquises en matiĂšre de mĂ©diation
  • Justifier de son indĂ©pendance Ă  l'Ă©gard des parties (aucun lien financier, familial...).

  À savoir

le médiateur est tenu à un devoir de confidentialité.