La Rue du Bocage

La rue actuelle du Bocage suit le parcours de ce qui s’appelait la Route de Rocheservière. Elle commençait au carrefour des Quatre Routes, traversait la rivière et s’élevait vers le sud. Toutefois, le bourg était peu étendu en cette direction, comme le montre les extraits des cadastres de 1837 et de 1961. Les constructions nouvelles se sont emparées de cet espace disponible à partir des années 1960.
Cadastre 1837

Ce quartier sud du bourg, au sud de l’Isoire, était nommé Fief de Montaigu. Cette appellation désignait le territoire régi par le pouvoir royal dans chaque paroisse, dépendant du château de Montaigu. Cet espace était peu conséquent, avec des petites maisons au début du chemin de Rocheservière. En 1837, pour donner la largeur nécessaire à la réalisation de la Route de La Roche-sur-Yon à Nantes, elles furent expropriées sur une profondeur de deux mètres environ, ce qui obligea les propriétaires à reculer leur façade d’autant. Le Docteur Auguste Hilléreau les fit démolir à partir de 1890 pour construire une maison bourgeoise (16 rue du Bocage).

État actuel de la maison Hilléreau
Cadastre de 1961

Progressons maintenant dans la Rue du Bocage, du centre vers la périphérie du bourg. Commençons par la traversée de l’Isoire avec le pont réalisé en 1839 pour la « Route La Roche-sur-Yon – Nantes ».

Carte antérieure à 1911
Carte postérieure à 1911
Carte antérieure à 1911
La première portion de la Route de Rocheservière

Après le pont, c’était un quartier industrieux par la présence de plusieurs artisanats (bourrelier, charpentier, charron, couturière, électricien, forgeron, maréchal-ferrant, mécanicien, sellier…) et divers commerces (épicerie, magasin de tissu, débit de boisson…).

Au premier carrefour, à droite, s’ouvrait la route vers Saint-Étienne-de-Corcoué (aujourd’hui  Corcoué-sur-Logne), avec la présence de l’école publique des filles et puis la sortie du bourg. A gauche, le bourg se terminait immédiatement sur le chemin du domaine de la Roche-Chotard.

En montant la Route de Rocheservière, c’était d’abord la propriété bourgeoise du Docteur Auguste Hilléreau, médecin, maire de la commune de 1920 à 1923, qui avait pour divertissement la photographie.

Le Docteur Hilléreau est au centre
La Route de Rocheservière vue par le Dr Hilléreau

 

De la fin de la Seconde Guerre Mondiale jusqu’au milieu des années 1960, cette rue vit passer régulièrement des camions de l’armée américaine qui assuraient la liaison entre ses bases de Rochefort et de Saint-Nazaire-Montoir. Elles furent fermées ou rétrocédées à l’armée française après la décision du Général de Gaulle de retirer la France du commandement militaire intégré de l’OTAN en 1962.

 

A la fin des années 1950, les nouveaux bâtiments ne furent plus constitués de pierres mais de parpaings parallélépipédiques en béton. Ils n’étaient pas encore fabriqués en série en usine. En choisissant ce matériau, les accédants à la propriété s’engageaient fortement.  Ceux-ci devaient les façonner eux-mêmes en brassant le gravier, le sable, le ciment et l’eau, puis en coulant ce béton dans des moules, ce qui donnait après séchage les fameux parpaings. Rapidement, le procédé fut industrialisé et les candidats à la construction libérés de cette charge se multiplièrent le long de cette rue.

 

La statue de la Vierge placée en haut de la Rue du Bocage marquait la fin du bourg jusque dans les années 1950. C’est au pied de cette statue qu’était accueilli l’évêque, chaque fois qu’il venait visiter la paroisse de Saint-Philbert. Quand il y avait un changement de curé, c’est au pied de la Vierge que  les représentants de la paroisse et de la municipalité recevaient le nouvel ecclésiastique.

 

En 1953, la commune reçut le comice agricole de la Vendée. Il amena donc la foule et les autorités locales. L’accueil du préfet se déroula à l’arrivée de la Route de Rocheservière en la présence de la fanfare « La Saint-Philbert » et du Corps des Sapeurs Pompiers.

Le préfet Georges Cathal est entouré, à droite par le conseiller général Pierre Lefeuvre, à gauche par le maire Bernard Hastings
L’accueil protocolaire fut suivi de la remise d’un bouquet de fleurs par une petite fille accompagnée de son père Gérard Vignaud, premier adjoint

© Bouaine Patrimoine
Rédaction : Jean-Pierre Morisseau

Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×