L’Eclogite à Saint Philbert de Bouaine

Carrière Le gisement d’éclogite est exploité dans la carrière NOUEL dépendant du groupe LAFARGE, à La Chapelonnière depuis les années 1970. Elle produit essentiellement des granulats pour les routes et les bétons. La densité de cette roche (jusqu’à 3,5t/m3) la fait également apprécier pour les travaux d’enrochements côtiers (jetées, digues…). Des milliers de blocs ont ainsi été utilisés dans les ports de Vendée et de Loire-Atlantique.

Cette carrière est bien connue des Géologues du monde entier. En Juillet 2007, 25 scientifiques chinois, australiens, italiens, allemands et britanniques, encadrés par Monsieur Gaston GODARD, Géologue vendéen, Conférencier à PARIS VII, sont venus à St Philbert-de-Bouaine observer ce gisement qui est l’un des meilleurs au monde.

"Cette roche dont le nom signifie « Roche de choix » est très rare à la surface de la terre. La moitié des gisements français sont précisément situés dans le massif vendéen entre St Philbert-de-Grand-Lieu et Chantonnay.
Les éclogites sont constituées de grenats rouges et d’un pyroxéne particulier de couleur vert d’herbe, l’omphacite. Elles se forment à des pressions d’au moins 15 Kbar, soit 15 000 fois la pression atmosphérique. De telles pressions n’existent qu’à grande profondeur dans la croûte terrestre. Des études ont montré que l’éclogite de la Gerbaudière s’est ainsi formée entre 45 et 60 km de profondeur vers le début de l’ére primaire il y a 440 millions d’années. La rareté de la roche est liée à la nécessité de circonstances particulières pour la faire remonter à la surface. Ces circonstances furent ici réalisées pendant l’ère primaire, par la surrection et l’érosion de la chaîne de montagne hercynienne, dont le Bocage Vendéen est aujourd’hui un témoin très érodé" (source : Gaston GODARD)

Pour la mise en valeur de cette roche, la Municipalité a fait réaliser en 1994, le logo de la commune à partir d’un bloc d’éclogite, dans le sol de l’entrée de la Mairie. De même une fontaine en éclogite a été érigée sur la Place des Halles pour l’entrée dans le XXI siècle.

Pour le 250ème anniversaire de René-Just HAUY, minéralogiste, géomètre et physicien inscrit à l’UNESCO parmi les mille bienfaiteurs de l’Humanité, la Société Historique de St Just-en-Chaussée dans l’Oise, sa Commune de naissance, a choisi pour ériger la stèle, une pièce d’éclogite extraite de la carrière. Cette stèle a été inaugurée par le Ministre de la Recherche, Monsieur CURIEN le 28 février 1993.

Paul PICHAUD

La Croix Processionnelle

Croix C’est une très belle croix d’argent agrémentée de 17 médaillons émaillés. Elle est dite processionnelle parce qu’elle était toujours en tête des processions, très nombreuses par le passé et jusqu’en 1950.

Le 17 Juin 1901 elle fut classée Monument Historique.

Elle fut fabriquée par Germain MENFAIX, orfèvre Nantais qui exerçait au XVIème siècle. Elle mesure 125 cm de hauteur, 68 cm de large et 3,5 cm d’épaisseur. Elle pèse 8,750 kg. L’intérieur est en bois, habillé de plaques d’argent (partiellement dorées) clouées et serties. Sur ces plaques, des médaillons émaillés sont encastrés et des figurines sont soudées. La croix est plantée dans une sphère aplatie autour de laquelle 12 médaillons sont incrustés, représentant le buste des 12 Apôtres. Au recto, Jésus crucifié entouré de 4 personnages, surmonté de Dieu le Père qui tenait dans ses bras une croix (disparue) portant son Fils crucifié.

L’autre face de la croix est plus symbolique. Elle montre l’Agneau entouré des 4 Evangélistes : Jean, Luc, Marc et Mathieu.

En 1779, l’Abbé BIRET, Curé de la Paroisse, décide de cacher la croix. Avec 2 témoins, il la met dans un coffret de chêne qu’ils déposent dans les eaux des douves du Logis de Beauvais. Ce n’est qu’en 1801 que le menuisier BEZIAU la repêche et la retrouve intacte.

Cette croix a été honorée du 2ème prix des objets d’art sacré à l’exposition universelle de Paris en 1900.

Depuis 1993 elle est exposée, sous protection, dans le chœur, accompagnée d’une exposition de photos dans l’entrée principale de l’église.

Paul PICHAUD

Le vignoble philbertin

Vigne Origine
La vigne a sans doute été introduite dans notre région dès le 3ème siècle de notre ère.
Les invasions des Normands entraînent la destruction du vignoble. Les vignes sont replantées au 10ème siècle. Au 14ème siècle, le Duc de Bretagne, Jean V, planta un cépage rouge à jus blanc le « BERLIGOU ».Dès 1415, on parle des BOSSIS de Landefrère, qui possédaient des vignes, de même que Colas JOUHENET, Louis GUILLON et MÉRY. Vers le 16ème siècle on introduisit le melon de Bourgogne qui deviendra le « MUSCADET ». En 1709, après une terrible gelée à -30° on planta la « FOLLE BLANCHE » ou « GROS-PLANT ». A partir de cette époque le « GROS PLANT » a dominé à Bouaine, même après les destructions causées par le PHILLOXÉRA dans les années 1890-1900 et jusqu’à ces dernières années.

Culture
La culture de la vigne nécessite des terrains graveleux, silico-argileux. Les vignes ont été plantées sur des terrains de roches différentes : Landefrère et le sud de la Commune sur un sous-sol de Leptinites, La Boule et Le Breuil du Faux sur un sous-sol de Micachiste, le nord du Bourg, Le Piltier et La Vrignais sur un sous-sol de Pliocène marin, sableux et graveleux. La culture a beaucoup évolué. Le terrain est d’abord divisé en planches de 2 à 3 ares pour être labouré à la main à l’aide d’un pic. La vigne est plantée en quinconce, puis elle est plantée en ligne sur des parcelles de plus en plus grandes, comme on peut le voir sur le cadastre de 1837. Le sol est alors travaillé mécaniquement à l’aide de vaches, bœufs et chevaux. Les vignes appartiennent souvent à des propriétaires et sont exploitées en métayage avec partage de la récolte. Aujourd'hui les vignes sont conduites pour être travaillées par des engins mécanisés.

Récolte et vinification
La récolte manuelle d’origine est encore pratiquée par les vignerons amateurs qui récoltent pour leur consommation personnelle. Les grandes surfaces sont elles, travaillées avec les machines à vendanger. La vendange est ensuite transportée au pressoir. Pressoir à « long fût » des siècles derniers, pressoirs « automatiques » désormais. Le jus de raisin le « moût » est alors vinifié en barriques ou dans des grandes cuves métalliques ou enterrées. La vinification est très importante et souvent suivie par un œnologue.

Evolution du vignoble
L’évolution des techniques, le coût des traitements, d’une part, la dégressivité des prix du vin, d’autre part, ont fait disparaître de nombreux vignerons et réduit très sensiblement la superficie des vignes :

Année Superficie  
1840 318 ha  
1914 238 ha  
1971 260 ha  
1995 166 ha  
2000 143 ha  
2008 110 ha  

Encepagement en 2009
Les cépages Gros-Plant (VDQS), Muscadet (AOC), Gamay, Grolleau, Cabernet, Abouriou, Merlot, Chardonnay, Sauvignon, avec l’été ensoleillé et prolongé nous réservent de belles cuvées, selon les heureux viticulteurs.

Sources : P. PAROIS et Mairie

Paul PICHAUD